(clavez @ mercredi 28 septembre 2011 à 20:24 a écrit :Une agréable surprise. La période n'est que survolée, mais les choses sont à peu près dite, y compris au moment où la libération est montrée.
D'après le générique le réalisateur a bénéficié des conseils de Benjamin Stora. Ceci explique que Messali Hadj aujourd'hui bien oublié, le FLN et les staliniens n'y sont pas pour rien, est évoqué à juste titre. Sa popularité était grande, et son rôle déterminant dans la naissance du nationalisme algérien arabiste et musulman.
Ce qui ne fut pas sans conséquence.
A ce propos la jeune algérienne qui vit à la mosquée, je n'ai pas compris si elle était juive ou musulmane, membre du Parti communiste lit une brochure de Messali ce qui m'a étonné sachant ce que le PC disait de Messali, un fasciste, voir un trotskyste, et en cite une phrase:"...lorsque nous parlons de peuple algérien, nous ne faisons aucune distinction de race et lorsque nous réclamons le suffrage universel, nous y comprenons tous les éléments qui peuplent l'Algérie".
Cette citation laisse à penser que Messali envisageait une Algérie multi-culturelle comme on dit maintenant.
Ce n'est pas le souvenir que j'avais de sa politique, plutôt du genre, "l'Islam est ma religion, l'arabe est ma langue, l'Algérie est ma patrie".
J'ai retrouvé cette citation dans la bio de Messali par Stora tirée de sa déclaration au tribunal correctionnel d'Alger en 1937 sous un gouvernement de gauche (Front populaire).
"Notre principale revendication politique est certes la création d'un "parlement algérien", (...) celui-ci existe à travers les délégations financières,(...) Nous demandons sa transformation en Assemblée algérienne élue au suffrage universel, sans distinction de race, ni de religion. (...) Nous sommes un peuple, (...) . Nous avons notre langue, cette langue arabe si riche.
Nous avons un passé glorieux (...)
Et lorsque nous parlons de peuple algérien nous ne faisons aucune distinction de race et lorsque nous réclamons le suffrage universel, nous y comprenons tous les éléments qui peuplent l'Algérie".
Dans un article d'El Ouma (journal de Messali) de 1937 cité aussi par Stora dans sa bio, les choses sont plus nettes.
"Le peuple algérien ne peut accepter son effacement, sa disparition par assimilation.
Uni par la même langue, la même religion, les mêmes coutumes et les mêmes traditions islamiques, il n'abdiquera pas sa nationalité pour un bulletin de vote, il restera un bloc compact et, ensemble, il mènera la lutte organisée pour arracher sa libération nationale".
Enfin, à propos de la mosquée de Paris toujours dans le bouquin de Stora, le congrès de l'Etoile nord-africaine à Clichy en 1935 se plaint que l'accés de la mosquée et de son café maure est interdit aux "travailleurs indigènes" trop pauvrement vêtus.
Ce n'est pas ce que montre le film, à moins que les choses n'aient changé dans les années 40.