fil "interventions de La Riposte, tendance du PCF"

Re: fil "interventions de La Riposte, tendance du PCF"

Message par Gayraud de Mazars » 09 Sep 2026, 18:45

Salut camarades,

Aplutsoc fait bien se qu'elle veut, pour la présidentielle, nous ne sommes pas sur sa ligne, là c'est une invitation à une réunion publique, sur l'antirascisme à la Fête de l'Humanité...

Pour préciser nos positions, mais nous verrons la suite, c'est article vient de paraitre...

La campagne présidentielle et la candidature du PCF : mettre le socialisme à l’ordre du jour
Article publié sur le site de La Riposte
Mercredi 9 septembre 2026

https://www.lariposte.org/2026/09/la-ca ... e-du-jour/

Depuis plusieurs années, les partis nationalistes, protectionnistes et xénophobes progressent dans toute l’Europe, en réaction aux effets sociaux et économiques de la « mondialisation » capitaliste et l’absence de perspectives de changement autrement que par la « priorité nationale ». En France, la quasi-totalité des sondages consacrés à la présidentielle de 2027, indiquent que le Rassemblement national est en position de l’emporter.

[...] La suite de l'article en cliquant sur le lien...

Fraternellement,
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Re: fil "interventions de La Riposte, tendance du PCF"

Message par Zorglub » 09 Sep 2026, 21:20

Gayraud de Mazars a écrit :Aplutsoc fait bien se qu'elle veut, pour la présidentielle, nous ne sommes pas sur sa ligne, là c'est une invitation à une réunion publique, sur l'antirascisme à la Fête de l'Humanité...


C'est raccord, l'un pour Faure, l'autre pour Roussel et pour une réunion sur un terrain bien œcuménique.

Depuis plusieurs années, les partis nationalistes, protectionnistes et xénophobes progressent dans toute l’Europe, en réaction aux effets sociaux et économiques de la « mondialisation » capitaliste et l’absence de perspectives de changement autrement que par la « priorité nationale ». En France, la quasi-totalité des sondages consacrés à la présidentielle de 2027, indiquent que le Rassemblement national est en position de l’emporter.

Après constater la montée des « partis nationalistes, protectionnistes » on dit que la cause est aux effets de la mondialisation, mais entre guillemets, et « capitaliste ».
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Message par artza » 11 Sep 2026, 06:55

Des partis nationalistes et protectionnistes j'en connais deux.

Un centenaire qui a commencé sa sénilité politique nuisible 5/6 ans après sa naissance le P"C"F et un beaucoup plus jeune La France insoumise avec un nom pareil à la place des Algériens et des Allemands je resterais sur mes gardes . :lol:
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Re: fil "interventions de La Riposte, tendance du PCF"

Message par Gayraud de Mazars » 03 Oct 2026, 12:06

Salut camarades,

La menace d’un régime raciste et autoritaire en France. Le piège réactionnaire du « référendum d’initiative citoyenne »
Par Greg Oxley
Le samedi 3 octobre 2026
Article publié sur le site de La Riposte

https://www.lariposte.org/2026/10/la-me ... citoyenne/

Si le Rassemblement national remporte la prochaine élection présidentielle et obtient, seul ou avec d’autres partis, une majorité parlementaire, la France connaîtra son régime politique le plus réactionnaire depuis celui du maréchal Pétain sous l’Occupation.

Le programme du RN fait peser une menace très grave sur l’ensemble des travailleurs — y compris ceux qui l’auront porté au pouvoir — sur les plans social, économique, démocratique et environnemental.

L’agressivité xénophobe du RN vise les « étrangers », catégorie dans laquelle il inclut, outre les migrants, les citoyens français de foi ou de culture musulmane. Une fois au pouvoir, il s’appuiera sur la puissance de l’appareil d’État pour semer la division et imposer une politique d’austérité draconienne. Avec le soutien d’importants moyens médiatiques, le RN cherchera à rendre les « étrangers » responsables de la régression sociale et justifier des mesures répressives et discriminatoires à leur encontre.

Tragiquement, la gauche aura du mal à faire barrage au RN, tant son passif historique pèse lourd. Plusieurs fois portée au pouvoir par des promesses électorales séduisantes, elle a trahi la confiance des forces populaires qui l’ont soutenue. Une fois au gouvernement, les dirigeants socialistes et communistes ont mené une politique conforme aux intérêts de la classe dominante, sur toutes les questions essentielles. Nous en payons le prix, encore aujourd’hui.


[...]

La suite de l'article sur le site en cliquant sous le titre de l'article...

Fraternellement,
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Re: fil "interventions de La Riposte, tendance du PCF"

Message par com_71 » 03 Oct 2026, 12:32

Réécrire un programme pour LFI ou le PCF, quelle perspective !
L’intérêt ne pense pas, il calcule. Les motifs sont ses chiffres. K. Marx, « Débats sur la loi relative au vol de bois » 1842.
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Message par Gayraud de Mazars » 04 Oct 2026, 07:15

Salut camarades,

Mobilisations lycéennes : la colère de la jeunesse est juste et ses revendications doivent être entendues
Article publié sur le site de La Riposte
Par Greg Oxley
Dimanche 4 octobre 2026

https://www.lariposte.org/2026/10/mobil ... entendues/

Alors que la mobilisation lycéenne s’amplifie, le gouvernement n’a encore pris aucune mesure pour résoudre, ni même atténuer, les graves problèmes qui l’ont déclenchée. Sa seule réponse a été une violence policière inouïe. Né d’une protestation lycéenne à Créteil le 18 septembre, le mouvement, marqué par des blocages et des rassemblements devant les établissements, s’est rapidement propagé à de nombreux lycées de la banlieue parisienne, puis à des centaines d’autres dans toute la France.


[...]

La suite de l'article sur le site de La Riposte en lien en cliquant ci-dessous.

fraternellement,
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Message par Gayraud de Mazars » 10 Oct 2026, 09:17

Salut camarades,

Il y a 90 ans, à Londres, se déroulait la bataille de Cable Street, contre les fascistes, par les travailleurs, qui infligèrent à une défaite mémorable à la La BUF (British Union of Fascists), sous la direction de Sir Oswald Mosley, qui ne s'en est jamais vraiment relevée.

Retour sur la bataille de Cable Street par cet article de 2013, de La Riposte, sur ce sujet, toujours d'une brûlante actualité, à l'heure où en France le Rassemblement national est au porte du pouvoir...

La bataille de Cable Street

https://www.lariposte.org/2013/12/batai ... le-street/

En 1936, Hitler était au pouvoir depuis 3 ans et Mussolini depuis 14 ans. En Espagne, le mouvement ouvrier espagnol était en guerre contre les forces fascistes dirigées par Franco. En Grande-Bretagne, d’éminents représentants de la classe dirigeante – dont Winston Churchill – ne cachaient pas leur approbation du fascisme, dans lequel ils voyaient une arme redoutable contre la classe ouvrière. Lors d’un discours à Rome en 1927, par exemple, Churchill déclarait : « Je ne pouvais m’empêcher de tomber sous le charme, comme tant d’autres, de la manière gentille et simple de Mussolini… Si j’étais un Italien, je suis certain que j’aurais été avec vous de tout mon cœur, du commencement jusqu’à la fin, dans votre lutte triomphale contre l’avarice et les passions bestiales du léninisme. […] L’Italie a fourni l’antidote indispensable au poison russe. Désormais, aucune grande nation ne se trouvera dépourvue d’un moyen ultime pour se protéger de la croissance cancéreuse du bolchévisme. »

La BUF (British Union of Fascists), sous la direction de Sir Oswald Mosley, bénéficiait de soutiens financiers et d’encouragements politiques de la part des capitalistes. Dans le contexte de la profonde crise économique et sociale des années 1930, les « chemises noires » britanniques, comme les nazis allemands, développaient leur organisation sur la base d’une propagande antisémite désignant les juifs comme la cause du chômage et de la misère. La population juive de Grande-Bretagne était concentrée dans les quartiers populaires de l’Est de Londres. L’annonce d’une manifestation fasciste qui devait traverser ces quartiers, le 4 octobre 1936, a provoqué la colère dans la population ouvrière de la capitale. La mobilisation était générale. S’inspirant de l’exemple des révolutionnaires espagnols, les communistes, socialistes et syndicalistes du mouvement ouvrier britannique ont décidé de résister autour du même mot d’ordre : « Ils ne passeront pas ! »

Une pétition pour l’interdiction de la manifestation fasciste a été lancée. Des élus travaillistes sont intervenus dans le même sens. En vain. La seule façon de mettre la vermine fasciste en déroute était donc de les affronter physiquement dans la rue. Cet affrontement est entré dans les annales du mouvement ouvrier britannique comme « la bataille de Cable Street ».

Œufs, casseroles, chaises…

Il est toujours difficile de faire une estimation de la taille des manifestations ; mais selon pratiquement toutes les sources, la manifestation antifasciste du 4 octobre 1936 a mobilisé au moins 250 000 travailleurs. La police encadrait les fascistes pour les protéger et leur ouvrir un chemin à travers les quartiers juifs. Ceci ne pouvait être fait qu’en livrant bataille contre les manifestants antifascistes, dont l’humeur devenait presque insurrectionnelle. Des étages supérieurs des immeubles pleuvaient des détritus, poubelles, bouteilles, casseroles et divers ustensiles de cuisine, mais aussi des œufs, des pommes de terre et même des chaises. En bas, dans la rue, d’autres missiles fusaient de partout.

La police tenta de se forcer un chemin. Mais une barricade avait été construite pour lui barrer la route. On jetait des centaines de billes sous les chevaux des policiers. Plus de 70 policiers ont été blessés. Finalement, face à la virulence et à la puissance de l’opposition, ils ont compris qu’ils n’avaient d’autre choix que de renoncer à leur mission. Les 5000 « chemises noires » ont pris la fuite. Poursuivis jusque dans les petites ruelles et les escaliers des immeubles, bon nombre d’entre eux ont été battus. Il fallait leur faire comprendre qu’il était dans leur intérêt de ne jamais recommencer !

Les organisations locales du Parti Communiste ont joué un rôle crucial dans cette mobilisation victorieuse. Par contre, la direction nationale du parti n’a soutenu l’initiative qu’à la dernière minute, de crainte d’être tenue pour responsable de « désordres ».

Arrivé en Grande-Bretagne en 1934 (il avait commencé sa vie militante au Parti Communiste sud-africain), le marxiste révolutionnaire Ted Grant était parmi les manifestants. Pour lui, la bataille de Cable Street marquait « l’apogée de l’arrogance de la BUF », mais aussi, grâce à sa défaite ce jour-là, le début de son déclin.

Le récit d’un militant communiste

Reg Weston, qui était le jeune secrétaire de la section de Southgate du Parti Communiste, nous a laissé des souvenirs détaillés de la journée telle qu’il l’a vécue.

A propos de l’organisation de la manifestation antifasciste, il écrivait : « Les Mosleyistes ont annoncé leur manifestation juste quatre jours auparavant. On n’avait aucune information précise. A l’époque, très peu de gens avaient des téléphones. Il n’y avait pas de télévision et peu de postes de radio. Pour s’informer et informer, il fallait faire du porte-à-porte, laisser des tracts dans les boîtes aux lettres et organiser des meetings sur les lieux de travail ou dans la rue. La source principale d’informations était la presse. Il y avait le Daily Worker [le journal du PC], avec une circulation de quelque 40 000 exemplaires, et aussi le journal de la confédération des syndicats, le Daily Herald.

« Le jour venu, on avait rassemblé une quarantaine d’adhérents et sympathisants du parti. Nous sommes partis nous opposer à la manifestation de quelques milliers de chemises noires à l’Est de Londres. Arrivés au métro Aldgate, nous n’avions encore aucune idée des événements dans les quartiers au cours des jours précédents. Les rues étaient noires de monde. On ne pouvait pas se déplacer. Au milieu de la rue (Aldgate High Street), il y avait une ligne de véhicules du tramway, tous immobilisés. On nous disait que c’était fait exprès pour gêner les fascistes. Il y avait 10 000 policiers, d’après ce que j’ai lu dans la presse. Ils voulaient ouvrir la voie aux Mosleyistes.

« Je dis souvent que j’étais à la bataille de Cable Street, mais en fait, ce n’est pas tout à fait exact. Mes camarades et moi ne pouvions même pas nous rapprocher de Cable Street, à cause de la masse compacte des manifestants. On dit qu’il y avait peut-être 500 000 personnes dans la rue, ce jour-là. On ne pouvait pas les compter, de toute façon. On était coincés là, comme des sardines.

« On a compris que les fascistes se sont rassemblés à côté de la Monnaie Royale et que la police montée s’était attaquée aux manifestants pour pouvoir les escorter. Cela n’a pas marché. On a renversé un camion et construit une barricade. Enfin, la police a dit à Sir Oswald que sa manifestation ne pouvait pas avoir lieu. Les fascistes avaient été battus et humiliés ; la police s’est montrée incapable de les protéger. »

Il résume l’impact politique de la bataille de la façon suivante :

« En Grande-Bretagne, le mouvement ouvrier ne s’était pas encore remis de la défaite de la grève générale de 1926 et des conséquences de la crise de 1929 qui se sont prolongées dans les années 30. Le Parti Travailliste s’est divisé avec la trahison de MacDonald [qui avait dirigé un gouvernement de coalition avec la droite en 1931-1935]. Le gouvernement conservateur appliquait une politique vicieuse contre les chômeurs. On avait le sentiment qu’il fallait que ça change, et nous pensions que nous pouvions hâter l’avènement de ce changement. Ainsi, la victoire à Cable Street nous a renforcé le moral. C’était la preuve que nous pouvions réveiller les masses, malgré la mollesse étouffante des dirigeants travaillistes, et malgré les libéraux. Cela montrait ce qu’il était possible de faire avec un peu d’organisation et beaucoup de détermination. »

Les événements de Cable Street nous rappellent que le fascisme – ce danger mortel pour la classe ouvrière – ne peut pas être vaincu par des appels à la sagesse et à la moralité, ni par des pétitions ou des discours pompeux, mais seulement par l’action organisée et vigoureuse de la classe ouvrière. Aujourd’hui, grâce à la modification des rapports de force entre les classes depuis l’époque d’Hitler et Mussolini, le fascisme ne se présente pas comme un mouvement de masse et un danger imminent. Mais les organisations fascistes grandissent partout en Europe. Et qui peut savoir ce que l’avenir nous réserve ? En définitive, la seule façon d’éradiquer la possibilité de nouvelles dictatures fascistes, c’est d’éradiquer le système social qui les engendre, à savoir le système capitaliste.


Fraternellement,
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Message par Zorglub » 10 Oct 2026, 10:17

LDC n°253

Joe Jacobs, Nouvelles du ghetto : un militant communiste dans le Londres ouvrier de l’entre-deux-guerres
Publié en français en 2022, le récit autobiographique de Joe Jacobs Nouvelles du ghetto, paru en anglais en 1978, un an après sa mort, offre un témoignage très vivant du quotidien des militants communistes britanniques pendant les années de la Grande Dépression. Lui qui adhéra au Parti communiste de Grande-Bretagne (CPGB) en 1933, à l’âge de 19 ans, en fut exclu en 1939 et son livre donne à voir le désarroi des militants face aux zigzags de leur direction stalinienne.
Les parents de Jacobs, Juifs russes fuyant les pogroms antisémites, s’étaient installés dans l’East End de Londres, ces quartiers où l’industrie de la confection surexploitait des milliers de travailleurs et où les dockers étaient nombreux. Souvent d’origine irlandaise, ils avaient par la grève paralysé le plus grand port du monde en 1889 et 1912. Jacobs grandit donc dans un milieu prolétarien politisé, qui devint un bastion du CPGB dans l’entre-deux-guerres.

À 14 ans, Jacobs participe à la grève générale de mai 1926. Il se rapproche des Jeunesses communistes, qui l’impressionnent par leur ténacité à vendre leur presse et tenir des réunions soir après soir au coin des rues. Le livre décrit avec chaleur les mille et une manières dont les militants du CPGB organisaient les gens autour d’eux. Jacobs, bientôt secrétaire d’une cellule du parti, mène aussi une activité syndicale dans la confection.

Suite au krach de Wall Street, le nombre de chômeurs en Grande-Bretagne culmine à 3 millions en 1933. Les militants communistes organisent alors des « marches de la faim » contre les coupes opérées dans les prestations sociales par le gouvernement travailliste (1929-1931), puis par son successeur, le « gouvernement national » (1931-1935), et se font pour ces actions arrêter par dizaines.

Des passages sont consacrés aux réunions organisées par le CPGB pour discuter de la situation en Palestine, où les Britanniques montaient les Juifs et les Arabes les uns contre les autres. « En ce qui concerne les Juifs de l’East End, écrit Jacobs, beaucoup d’entre eux rejetaient totalement le sionisme », notamment du fait de leurs traditions socialistes héritées du Bund polonais.

Ces mémoires font sentir le fossé croissant entre la direction du parti et ses militants. Suivant sans broncher chaque virage impulsé depuis Moscou par Staline, les dirigeants alimentent la perplexité. Ainsi les communistes parvenus à des responsabilités syndicales, par souci de conciliation avec la bureaucratie des trade-unions, ne se distinguent guère des réformistes du Parti travailliste, et Jacobs peine à défendre leurs compromis avec le patronat auprès des travailleurs du rang.

Quand une Union britannique des fascistes (la BUF) est formée en Grande-Bretagne en 1932 par Oswald Mosley, le CPGB apparaît cependant comme le plus déterminé à lui tenir tête et bien des Juifs londoniens le rejoignent. Ainsi, pour répliquer aux attaques de la BUF contre les marchés juifs de l’East End, Jacobs et ses camarades sabotent un meeting de Mosley à Kensington. Des manifestations anti-fascistes drainent jusqu’à 150 000 personnes.

Le récit jette une lumière nouvelle sur la célèbre « bataille de Cable Street ». Le 4 octobre 1936, les chemises noires de Mosley avaient prévu de défiler à travers les quartiers juifs, et Jacobs révèle que le CPGB n’avait pas l’intention de s’y opposer. Ce jour-là, il avait prévu une manifestation afin de collecter de l’argent pour les républicains espagnols, car « l’Espagne [était] plus importante que Mosley ». En vérité, le CPGB, comme toutes les sections du Komintern, défendait alors la politique dite de front populaire, et il n’était pas question d’inquiéter la bourgeoisie britannique par des batailles de rue.

Mais la détermination des habitants de l’East End à barrer la route aux fascistes contraignit le comité central à se raviser. Jacobs dissipe donc le mythe d’une bataille de Cable Street voulue par le CPGB pour porter un coup fatal aux fascistes. Cet épisode dans la longue histoire de la lutte de la population locale contre le fascisme, Juifs, Irlandais et Britanniques confondus, aida Jacobs à comprendre que la direction du parti était déconnectée de la classe ouvrière qu’elle prétendait organiser.


Les passages sur la révolution espagnole font mesurer à la fois l’enthousiasme des travailleurs britanniques influencés par le CPGB et la volonté de sa direction de contenir l’élan dans des limites étroites. L’organe du parti, le Daily Worker, répétait en boucle que les travailleurs espagnols n’avaient « pas pour objectif les soviets », quitte à décevoir ceux qui avaient déjà quitté Londres pour Barcelone.

Le récit s’arrête fin 1936 et c’est la fille de Jacobs qui résume la suite : sa première expulsion du CPGB en 1939, sa réadmission en 1950 puis une nouvelle expulsion en 1952. Il militera ensuite avec les trotskystes de la Socialist Labour League puis avec les anarcho-syndicalistes de Solidarity. Selon ses propres dires, il ne retrouva jamais un cadre aussi bouillonnant que celui du CPGB de ses 20 ans, certes déformé par le stalinisme mais riche du dévouement de centaines de militants ouvriers.

Son ouvrage est un témoignage touffu mais fascinant sur une époque de forte politisation de la classe ouvrière de Grande-Bretagne. Le CPGB n’est jamais devenu un parti aussi influent que les partis communistes français et italien ; et pas plus que ceux de ces deux partis, ses militants n’ont réussi à surmonter la dégénérescence stalinienne de leur direction. Ils n’en sont pas moins intervenus de manière significative dans la lutte des classes, jusqu’au début des années 1990, et ce texte donne une idée de ce qu’étaient les militants ouvriers qui le composaient à ses débuts.

12 janvier 2026

Joe Jacobs, Nouvelles du ghetto. Combattre le fascisme à Londres (1925-1939). Traduit de l’anglais par Annie Gouilleux. Collection Des paroles en actes, Paris, Syllepse, 2022, 450 pages. 25 euros.
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Re: fil "interventions de La Riposte, tendance du PCF"

Message par Zorglub » 10 Oct 2026, 10:19

Et dans le CLT n°179, Après le Brexit, où va la Grande-Bretagne ? :

...
Cette période vit aussi l’extrême droite chercher à tirer parti de la crise, sous la houlette de Sir Oswald Mosley, fondateur en 1932 d’une Union britannique des fascistes. Ancien ministre travailliste, il avait des soutiens dans l’Establishment, car bourgeois et aristocrates étaient nombreux à admirer Mussolini et Hitler pour leur poigne de fer contre le mouvement ouvrier. Le 4 octobre 1936, Mosley tenta de faire défiler ses chemises noires à travers l’East End de Londres. Dans ces quartiers populaires, se mêlaient des ouvriers du monde entier, notamment des Irlandais et des Juifs. Bien que protégés par la police, les fascistes furent stoppés par cent mille travailleurs, et les chemises noires durent rebrousser chemin.

Cette « bataille de Cable Street », du nom de la rue où les fascistes furent bloqués, montrait que le meilleur rempart contre l’extrême droite, c’était la solidarité de classe des travailleurs. Mais la raison profonde pour laquelle Mosley ne fut pas porté au pouvoir, c’est que les travailleurs n’inspiraient pas à la bourgeoisie une crainte telle qu’elle se serait sentie obligée de remettre les clés du gouvernement aux fascistes. Grâce aux surprofits tirés de l’exploitation coloniale dans le cadre protectionniste d’une zone sterling instituée à l’échelle de l’empire, elle amortit les conflits sociaux en lâchant des miettes plutôt qu’en tirant dans le tas, et l’État bourgeois, comme aux États-Unis, conserva sa façade démocratique.
...
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Re: fil "interventions de La Riposte, tendance du PCF"

Message par Zorglub » 10 Oct 2026, 10:26

Et sur la grève de 1926 et son échec, LDC n°256 :
Mai 1926 : il y a cent ans, la grève générale des travailleurs britanniques
Le texte ci-dessous est adapté d’un article du groupe trotskyste britannique Workers’ Fight, à paraître dans le prochain numéro de leur périodique Class Struggle.
La grève de 1926 est la seule grève vraiment générale de l’histoire de la classe ouvrière britannique. Cent ans plus tard, même si elle n’a duré que neuf jours et s’est soldée par un échec, elle reste riche d’enseignements pour le camp des travailleurs et ses militants.


Et de Trotsky : Où va l'Angleterre ?

Retour sur la bataille de Cable Street par cet article de 2013, de La Riposte, sur ce sujet, toujours d'une brûlante actualité, à l'heure où en France le Rassemblement national est au porte du pouvoir...

Faire le parallèle avec la situation actuelle doit servir à comprendre les différences aussi et le réformisme caché derrière l'antifascisme.
Zorglub
 
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