Lancée en septembre 1966, puis sauvée in extremis par sa première communauté de fans fin 1967, la série culte continue d’être enrichie jusqu’à ce jour dans le respect de l’univers de son créateur, et surtout, de ses valeurs progressistes, anticapitalistes, pacifistes et désormais écologistes.
1966 : les États-Unis s’engagent toujours plus dans la guerre du Vietnam. La ségrégation raciale sévit encore et les mouvements pour les droits civiques s’élargissent et se radicalisent. Les arsenaux nucléaires menacent la planète et la conquête spatiale sert de vitrine à la guerre froide.
C’est dans ce climat anxiogène qu’apparaît le 8 septembre, sur NBC, la forme si particulière du vaisseau « Enterprise NCC-1701 ». À son bord, un équipage qui dynamite les préjugés de l’époque : une femme noire occupe un poste stratégique, un pilote japonais navigue vingt ans après Hiroshima, un jeune Russe est aux commandes tactiques en plein conflit Est-Ouest, sans oublier un drôle d’alien aux oreilles pointues et un capitaine qui use de diplomatie avant de faire parler la poudre.
En trois saisons, « Star Trek : The Original Series » (TOS) va poser des questions fondamentales en leur donnant une tournure positive : et si l’humanité survivait à ses propres barbaries ? Et si la technologie cessait d’être un instrument de domination militaire pour devenir un outil d’émancipation collective ? Et si l’argent n’était pas l’alpha et l’oméga ? Soixante ans plus tard, ces thèmes conservent une pertinence indubitable. Et ce qui est remarquable, c’est que les multiples séries et films dérivés, tout au long de ces soixante années, ont réussi à garder cette ambition originale.
La révolution des visages
Gene Roddenberry lance son show au cœur d’un équilibre international fondé sur la terreur nucléaire. La course vers la Lune prolonge la compétition stratégique entre Washington et Moscou. Le progrès technique montre alors son double visage : il promet la médecine moderne mais accouche du napalm et des missiles balistiques.
Roddenberry choisit pourtant de croire qu’on peut arracher la technologie à la logique guerrière. Il imagine la Fédération des planètes unies : une société fondée sur la coopération interplanétaire, l’investigation scientifique et le dépassement des chauvinismes et des préjugés. Le pari est osé. Pour vendre « Star Trek », il présente son projet comme une « grande caravane » – une série western racontant la conquête de l’Ouest dans l’espace. Sauf que les notions de conquête et de colonisation sont à l’exact opposé des valeurs de la Fédération.
Roddenberry va devoir composer avec les impératifs du marché télévisuel. La chaîne NBC exige de l’action, pas des traités de morale. Le premier épisode pilote, « The Cage », est rejeté par les décideurs du réseau qui le jugent « trop intellectuel ». Mais « Star Trek » apprend vite qu’en régime capitaliste, pour diffuser des idées quelque peu subversives, il faut savoir les envelopper dans du grand spectacle.
Pourtant, les choix de casting restent des manifestes politiques. Nichelle Nichols incarne Uhura, une femme noire officier en charge des communications. George Takei joue Sulu un officier asiatique en pleine guerre du Vietnam et alors que la mémoire de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre de Corée est encore extrêmement présente. Walter Koenig devient Chekov, un Russe profondément sympathique présenté sans caricature malgré l’anticommunisme dominant. Enfin, Leonard Nimoy insuffle à Spock l’intensité de l’étranger, faisant résonner l’histoire des minorités à travers cet extraterrestre guidé par la seule logique.
La portée de ce dispositif est historique. En 1967, Nichols veut quitter la série. C’est Martin Luther King qui la convainc de rester en lui expliquant que sa présence constitue une brèche politique sans précédent. Pour la première fois, le public voit une femme noire qui n’est ni une servante ni une figurante, mais une officière, l’égale de ses collègues. Le message est clair : la représentation à l’écran n’est pas un supplément d’âme, elle distribue les permissions symboliques dans la réalité. Certes, les codes esthétiques restent marqués par l’époque et l’exploration flirte parfois avec le paternalisme. Mais, en imposant cette révolution des visages dans les limites du progressisme disponible, la série ouvre une brèche.
La révolution permanente et inachevée
« Star Trek » avance en permanence sur une corde raide. La série ouvre des voies audacieuses, mais prend bien soin de ne pas bousculer trop violemment les spectateurs. Elle anticipe les transformations de la société tout en veillant à rassurer le public de son époque. Elle ose transgresser certains tabous, mais s’assure toujours de garder une issue de secours.
Le célèbre baiser échangé entre le capitaine Kirk et le lieutenant Uhura en 1968 est souvent cité comme un moment fondateur de l’histoire de la télévision américaine, brisant le tabou des relations interraciales. Pourtant, si l’on regarde la scène de près, le scénario utilise un subterfuge de taille : les personnages sont manipulés et contraints d’agir par une force extraterrestre supérieure. Ce choix scénaristique permet d’atténuer la responsabilité des personnages et de protéger la production face aux réactions conservatrices. L’audace est présente, mais elle est prudemment encadrée par la fiction. Tout le progressisme de la franchise fonctionne sur ce modèle du compromis : on fait un grand pas en avant, puis un demi-pas en arrière par sécurité.
Depuis soixante ans, la « bible Roddenberry » reste le texte sacré.
L’optimisme obstiné de « Star Trek » émerge du passé hors norme de son créateur, Gene Roddenberry. Avant d’imaginer le futur à la télévision, l’homme a côtoyé la mort sous toutes ses formes. Pilote de bombardier B-24 pendant la Seconde Guerre mondiale, il survit à plus de 30 missions de combat dans le Pacifique. Devenu pilote de ligne, il extrait lui-même des survivants d’une carcasse en flammes lors du terrible crash du vol Pan Am 121 dans le désert syrien, en juin 1947. Enfin, durant les années 1950, c’est en tant que policier du LAPD qu’il arpente les rues les plus violentes de Los Angeles.
Gene Roddenberry a imaginé un avenir radieux en réaction à cette violence. Confronté au chaos de son époque, il a conçu « Star Trek » comme un exutoire et un rempart. Et pas question de toucher à ce principe. Pour le protéger, le créateur a imposé des règles intangibles. Sa directive la plus célèbre, la fameuse « bible de Roddenberry », imposait un cadre presque insurmontable à ses scénaristes : au XXIVe siècle, l’humanité a mûri.
La jalousie, la mesquinerie et la cupidité ont été éradiquées. En interdisant ainsi tout conflit interne entre les membres de l’équipage, Roddenberry privait les auteurs du moteur dramatique le plus élémentaire de la fiction. Un choix qui oscillait, selon l’équipe de production, entre le génie pur et la folie douce. La série originelle ainsi que ses suites, vingt ans plus tard (« The Next Generation » et « Voyager »), s’inscrivent totalement dans ce cadre. Seule « Deep Space Nine » (DS9) en explore les zones grises.
La télévision moderne a dû composer avec cet héritage et ruser pour le contourner. Pour séduire un public habitué aux anti-héros, des séries comme « Discovery » ont choisi de malmener le dogme : les personnages y souffrent, doutent et se trahissent… ce qui n’a pas manqué de faire hurler les plus puristes des Trekkies. Pourtant, l’esprit des origines demeure. Après deux saisons chaotiques, une astuce scénaristique (un bond de 1 000 ans dans le futur) réinvente la « bible de Roddenberry ». L’utopie n’y est plus un postulat de départ, mais une quête acharnée, un idéal à reconstruire au milieu des ruines.
Parallèlement, le dernier grand succès de la franchise, « Strange New Worlds », s’impose comme un retour direct à la promesse originelle, portée par un capitaine Pike profondément humain et bienveillant. Preuve que, malgré les décennies et les changements d’époque, Roddenberry continue d’imposer sa patte, pour notre plus grand bonheur.
La saga imagine une société post-raciale, mais évite de disséquer les structures économiques et matérielles du racisme. Elle met en scène des femmes à égalité avec les hommes, mais les habille selon les fantasmes de l’Audimat masculin. Même lorsque « Star Trek : Voyager » met une femme, Kathryn Janeway, au poste de capitaine, la production lui adjoint, à partir de la troisième saison, un nouveau personnage féminin, Seven of Nine (« 7 sur 9 »), aux formes sculpturales et aux tenues ultramoulantes. Force est enfin de constater que le show défend des valeurs universelles et progressistes à travers un point de vue culturel profondément centré sur les États-Unis.
La révolution économique : la fin de l’argent
Paradoxalement, c’est sur le terrain économique que « Star Trek » porte l’estocade la plus violente contre l’ordre établi. L’argent a disparu. Dans l’univers de la Fédération, la recherche du profit privé ne structure plus l’existence. Jean-Luc Picard, capitaine de l’« Enterprise-D » dans « Star Trek : The Next Generation » – le show qui relance la franchise à la télévision dix-huit ans après son retrait de l’antenne –, le formule sans détour : « L’acquisition de richesses n’est plus le moteur de nos vies. Nous œuvrons pour nous améliorer et améliorer le sort de l’humanité tout entière. »
Certes, cette société sans argent repose sur la technologie et l’abondance énergétique, deux éléments qui ont permis d’abolir la rareté artificielle. Mais ces avancées, et les gains de productivité qu’elles génèrent, n’ont pas été confisquées au profit de quelques-uns comme l’ont été les améliorations technologiques dans l’histoire. Au contraire, le choix a été fait d’arracher le travail à l’exploitation et d’en faire une libre contribution au bien commun ainsi qu’à l’épanouissement individuel et collectif. Un travail émancipateur en lieu et place de l’aliénation.
Certes, la série reste floue sur les mécanismes précis de cette révolution. Elle saute par-dessus pour atterrir directement dans l’après-capitalisme. Mais ce saut a une utilité politique immense : il rappelle que le capitalisme n’a rien d’une loi naturelle immuable. C’est un choix politique.
La question devient brûlante à l’ère de l’intelligence artificielle. Les synthétiseurs de la série, capables de créer n’importe quel objet à partir d’énergie, préfigurent une économie de post-pénurie. Pourtant, dans notre monde réel, les gains de productivité de l’IA sont immédiatement captés par des monopoles privés pour maximiser les dividendes et licencier. C’est tout le sens de l’œuvre de la romancière Ursula K. Le Guin, grande fan de la série, qui montrait dans « Les Dépossédés » qu’une civilisation possédant les moyens technologiques de nourrir et loger chacun de ses membres, mais choisissant de maintenir la misère par des lois de marché, commet un crime pur et simple. Ce que disait déjà Robespierre en 1792. Pendant que les milliardaires de la tech planifient des colonies martiennes privées tout en refusant de payer l’impôt sur Terre, « Star Trek » pointe à quel point la répartition des richesses est d’abord un arbitrage de pouvoir.
La révolution diplomatique : la directive première
Peu d’idées de fiction ont généré autant de débats durables que la directive première et son extension la directive première temporelle : la règle absolue qui interdit formellement d’interférer avec le développement des civilisations qui ne maîtrisent pas le voyage interstellaire à des vitesses apparentes supraluminiques. Traduit en termes politiques, c’est l’interdiction stricte de coloniser au nom du progrès, de troquer l’assistance contre la prise de contrôle, d’imposer sa technologie comme une vérité universelle, ou d’utiliser sa supériorité pour imposer ses valeurs morales et culturelles.
Ce principe s’oppose frontalement au concept de « mission civilisatrice » dont l’Occident s’est si souvent drapé – détournant au passage les principes des Lumières – pour piller les ressources du Sud global.
Pourtant, cette règle accouche d’une contradiction qui est le cœur de nombreux épisodes : que faut-il faire face à une famine évitable ou à un génocide imminent sur une planète impuissante ? Les déclinaisons modernes de la franchise replongent régulièrement dans ces eaux troubles, mettant en scène des équipages profondément déchirés entre la loi d’airain de la directive première et le devoir de solidarité face au désastre. Un conflit éthique aux antipodes du cynisme trumpiste actuel.
L’acte de naissance des Trekkies
Le sauvetage in extremis de la série
Une table de cuisine à Los Angeles, l’odeur du café tiède et le cliquetis d’une machine à écrire. C’est ici, loin des projecteurs, qu’a débuté la première et la plus célèbre opération de sauvetage de l’histoire de la pop culture. Fin 1967, les cadres de la chaîne NBC ont le doigt sur l’interrupteur : les audiences de la saison 2 de « Star Trek » sont médiocres, la série coûte trop cher, elle va être annulée. Mais la chaîne ignore qu’elle fait face à une nouvelle espèce de téléspectateurs : les fans. À leur tête, un couple d’anonymes, Bjo et John Trimble.
Refusant de voir leur fenêtre sur les étoiles se refermer, les Trimble transforment leur salon en quartier général de guérilla postale. Ils fondent le comité Save « Star Trek » et lancent une campagne d’une intelligence redoutable, basée sur trois piliers : plutôt que de quémander des lettres d’enfants, ils ciblent les universités (Caltech, Berkeley, MIT), les laboratoires et les ingénieurs. Ils veulent prouver à NBC que son public est le plus intelligent du pays, et donc le plus attractif pour les annonceurs publicitaires.
Réaction en chaîne : chaque fan contacté doit écrire à la chaîne, puis convaincre dix amis de faire de même. La politesse comme arme de destruction massive. Bjo Trimble est inflexible : aucune insulte. Les courriers doivent être dactylographiés, courtois et passionnés.
Le résultat ? Un tsunami de papier sans précédent dans l’histoire de la télévision. Les bureaux de NBC s’effondrent sous plus d’un million de lettres. Des étudiants – ils ne s’appellent pas encore Trekkies – descendent même manifester en masse sous les fenêtres du studio de Burbank. Le 1er mars 1968, l’impensable se produit : en plein direct, à la fin de l’épisode du jour, une voix off annonce que la chaîne capitule et renouvelle officiellement la série. Deux fans ordinaires venaient d’inventer le pouvoir des communautés et de sauver l’avenir de la science-fiction.
Sans cette révolte postale, la série se serait arrêtée à seulement 55 épisodes. En décrochant une troisième saison, elle a réussi à atteindre le total inespéré de 79 épisodes. Bien que l’industrie de l’époque privilégie plutôt la barre des 100 épisodes pour amortir les coûts, ce volume s’est avéré suffisant pour permettre à la Paramount de tenter un pari : vendre la série en rediffusion quotidienne aux chaînes locales et à l’international. Sans cela, le mythe n’aurait jamais vu le jour là
« Star Trek » force le spectateur à affronter la question fondamentale : comment agir à l’échelle internationale (interstellaire dans la série) sans transformer l’aide en outil de vassalisation et sans imposer ses codes culturels ? Une question que la série n’esquive pas. L’impérialisme culturel passif ou « soft » n’est pas absent, notamment par le biais d’un terracentrisme : le siège de la Fédération est à Paris, celui de Starfleet à San Francisco. Il faut attendre un épisode d’une série récente, « Star Trek : Starfleet Academy », pour que le siège de la Fédération soit installé sur une autre planète (Bajor). Les valeurs des Terriens s’imposent fréquemment comme la norme invisible de l’organisation.
Ces dérives sont pointées du doigt par les autres civilisations. Les Klingons reprochent souvent à la Fédération d’assimiler les cultures de manière insidieuse, non pas par les armes, mais par le confort et la diplomatie. La critique la plus incisive vient des Ferengis – cette espèce non fédérée, profondément misogyne, a érigé le profit à court terme et l’exploitation cynique en religion d’État quelles qu’en soient les conséquences.
Dans « Star Trek : Deep Space Nine », ils comparent l’omniprésence « insidieuse » de la Fédération à un genre de soda (la root beer), « si pétillante, écœurante et joyeuse… tout comme la Fédération », ajoutant que « si on en boit suffisamment, on finit par l’apprécier – tout comme la Fédération ». L’assimilation par osmose culturelle. « DS9 » est d’ailleurs le show dans lequel la « morale » de la Fédération et de sa branche militaire, Starfleet, est testée dans les conditions les plus extrêmes… avec des dénouements pas toujours ragoûtants.
La révolution écologique : l’urgence d’un futur habitable
Pendant de longues décennies, l’écologie a constitué l’angle mort de « Star Trek ». Portée par l’optimisme technologique, la Fédération se comportait en réalité comme une puissance extractiviste propre. Elle exploitait le cosmos et multipliait les colonies en considérant les planètes non habitées comme des espaces vierges corvéables à merci, sans jamais évaluer le coût environnemental de son expansion galactique.
Ce silence a été dynamité par les récits récents de la franchise, notamment à travers les saisons de « Star Trek : Discovery », qui se déroulent dix siècles après la série originale. Les scénaristes y attaquent de front les logiques de destruction environnementale à travers l’allégorie du dilithium, le pétrole de cet univers futuriste. La saga met en scène des mondes ravagés par l’extractivisme industriel, une galaxie paralysée par la pénurie de cette ressource fossile et des populations locales sacrifiées pour alimenter le train de vie énergétique des civilisations dominantes.
Ce virage scénaristique fait directement écho à notre désastre contemporain. La leçon est cinglante pour les géants de la tech : le véritable progrès ne consiste pas à fuir vers les étoiles ou à rêver de géo-ingénierie pour réparer magiquement nos excès. Il exige de bâtir, ici et maintenant, une politique de justice sociale, de sobriété et de soin envers le seul écosystème que nous possédons. Paradoxalement, c’est une série sur l’exploration galactique qui pointe le fait que la survie de l’humanité ne passera pas par la conquête spatiale, mais par le dépassement du capitalisme.
La révolution inaboutie : resterons-nous les Ferengis de notre propre histoire ?
« Star Trek » agit comme un puissant révélateur. La saga nous rappelle que la technique ne sauve rien par elle-même. Les machines n’émancipent que si elles sont soumises à des institutions démocratiques. Une intelligence artificielle performante ou un outil de production automatisé abandonnés à une oligarchie financière ne produisent pas de la liberté : ils perfectionnent le chômage de masse, la surveillance panoptique et l’exclusion sociale. La question n’est jamais de savoir ce qui est techniquement réalisable, mais au profit de qui et sous quel contrôle.
Le spectacle de la passerelle de l’« Enterprise » met en lumière l’égoïsme et la brutalité du capitalisme. Nos « élites » politiques et économiques se comportent en Ferengis. On veut nous faire croire qu’il faudrait trouver « raisonnable » un monde où la richesse explose chez les milliardaires pendant que la précarité gagne du terrain, où les budgets militaires augmentent plus vite que les investissements pour la transition écologique.
Soixante ans après sa création, la force de « Star Trek » n’est pas de nous faire rêver à un paradis lointain. C’est d’agir comme un réquisitoire implacable contre les politiques néolibérales et impérialistes de notre présent. L’« Enterprise » n’est pas qu’un vaisseau spatial, c’est le rappel permanent que la misère organisée, l’injustice et la désignation de boucs émissaires sont des choix politiques. Ursula K. Le Guin disait : « La mission continue du vaisseau « Enterprise » a été de nous sortir du brouillard de la peur et de la haine pour nous emmener vers un espace ouvert où la différence est une opportunité, où la justice compte, et où l’on peut encore voir les étoiles. »