Catastrophes de l’été : les capitalistes sont le problème, les travailleurs ont les solutions
Les incendies géants à peine maîtrisés, un nouvel épisode de canicule s’installe sur le pays, tandis qu’une sécheresse historique menace la production agricole.
La récolte de fruits et légumes pourrait baisser de moitié, le rendement du maïs va chuter, tandis que les troupeaux vont manquer de fourrage. À peine les pénuries annoncées, les prix flambent dans les supermarchés.
Dans toute l’Europe, des centrales nucléaires sont mises à l’arrêt parce que les cours d’eau sont trop chauds pour les refroidir. Même le Danube et le Rhin, deux grands fleuves essentiels pour le transport de marchandises à travers l’Europe, sont menacés d’assèchement !
Les catastrophes qui se succèdent n’ont pas que des conséquences économiques. Au travail ou dans les logements surchauffés, la chaleur transforme le quotidien en enfer. Elle fait souffrir et elle tue. En France, la canicule de juin a tué 6 000 personnes. En Inde, chaque semaine de canicule en tue au bas mot 30 000.
Ces catastrophes ne doivent rien à la fatalité. Elles sont le résultat du réchauffement climatique annoncé par les scientifiques depuis 20 ou 30 ans. Celui-ci est provoqué par l’industrie lourde, le transport, la construction, l’agriculture intensive, la déforestation à grande échelle.
Les capitalistes détruisent la planète
Ce ne sont pas les « activités humaines » en général qui provoquent le réchauffement. C’est une organisation économique et sociale basée sur la concurrence et la propriété privée, où la petite minorité qui possède les capitaux est prête à faire crever l’humanité pour accumuler plus de profits.
Ainsi la production et la distribution de l’énergie fossile dans le monde est entre les mains d’une dizaine de grandes compagnies dont la française TotalEnergies. Ces multinationales se disputent les gisements et les marchés. Elles provoquent ou profitent des guerres et des crises économiques pour accumuler les milliards sans jamais se soucier des conséquences de leurs actes.
Après avoir financé des organisations qui niaient le réchauffement, ces compagnies investissent désormais dans l’électricité, l’éolien ou le solaire, tout en continuant à forer et à ouvrir de nouveaux gisements. Car, comme l’exprimait avec cynisme le PDG de TotalEnergies lors d’une université du Medef : « Il y a le point de vue des scientifiques et la vie réelle ». Autrement dit, les profits immédiats passent avant la planète.
L’État ne défend que les plus riches
Face au chaos engendré par l’irresponsabilité des capitalistes, nous ne pouvons pas compter sur l’État, quelle que soit l’écurie politique qui le dirigera l’an prochain.
Bien sûr, en pleine crise, les ministres s’agitent. Ils ont multiplié les promesses aux pompiers et ont commandé des climatisations pour les hôpitaux. Mais passé l’été, les commandes de Canadairs seront une nouvelle fois suspendues sous prétexte du déficit public et les services publics mis au régime sec.
On ne peut jamais compter sur l’État. Même pour lutter contre les incendies, organiser le ravitaillement des pompiers, créer des coupe-feux ou gérer l’accueil des sinistrés, la population a dû se mobiliser pour suppléer à ses défaillances.
Face à la sécheresse, les syndicats agricoles, la FNSEA et la Coordination rurale réclament un « plan massif et immédiat ». Nul doute que les « milliards d’euros » réclamés profiteront aux plus gros, les céréaliers de la Beauce ou le groupe de salades Florette.
Même les mesures supposées remédier à la sécheresse, par exemple le droit de construire des méga-bassines pourtant si contestées, aggraveront les inégalités entre agriculteurs sans résoudre le manque d’eau.
Toutes les instances de l’État, toutes les lois sont conçues pour défendre les intérêts des possédants, des riches et du grand patronat.
Se protéger du réchauffement climatique et l’enrayer nécessite de faire passer les intérêts de la population et l’avenir avant les profits de quelques-uns. Et cela ne peut se faire sans réorganiser de fond en comble la production et la distribution de toutes les richesses.
Il est vital de remplacer la concurrence et l’anarchie de l’organisation actuelle par le recensement des besoins et des ressources et par la planification de la production, à l’échelle de la planète.
Les travailleurs savent faire preuve d’initiative, de compétence et de dévouement lors de chaque crise. Il leur reste à trouver la conscience et le courage d’exproprier la petite minorité de grandes familles capitalistes qui ont la main sur l’organisation de l’économie.
Nathalie ARTHAUD