Éditorial des bulletins d'entreprise LO du 1er juin 2026

Réunions publiques, fêtes et autre...

Éditorial des bulletins d'entreprise LO du 1er juin 2026

Message par Bertrand » 01 Juin 2026, 15:44

Canicule : irresponsabilité patronale et incurie gouvernementale

Les températures sont redescendues et plus vivables que la semaine dernière. Mais si cet épisode caniculaire est derrière nous, d’autres sont attendus. La course aux profits, l’exploitation sans limite de la nature, l’organisation irrationnelle de l’économie ont transformé notre planète en bombe à retardement. Aujourd’hui, cette bombe explose au visage des travailleurs.

Car c’est surtout pour les travailleurs et les plus pauvres que c’est une catastrophe. Les plus riches se déplacent d’un endroit climatisé à un autre dans des voitures elles-mêmes climatisées.

Les heures de travail éprouvantes, les trajets suffocants dans des transports en commun bondés, les HLM et immeubles mal isolés qui renvoient la chaleur comme des fours à pizza, c’est pour les classes populaires.

Pas de température limite à l’exploitation

Malgré la canicule, le travail ne s’est arrêté ni sur les chantiers ni dans les usines. Même dans les bureaux et les commerces, combien de salariés se sont retrouvés piégés au travail avec 35 ou 38 degrés ?

Aucun niveau de température n’arrête le patronat, parce qu’il faut que la machine à profits tourne au maximum. Dans la Drôme, un couvreur de 19 ans a été envoyé travailler sur le toit d’un bâtiment : la chaleur l’a tué.

Le gouvernement refuse de mettre des limites au patronat. À la place, il égrène ses consignes de « bons sens », boire de l’eau, fermer les volets, comme si on avait besoin de lui pour ça ! Puis, il retourne à ses occupations favorites : brasser de l’air, ce que les ventilateurs font bien mieux que lui.

Comme pour tout, le gouvernement renvoie chacun à sa propre responsabilité. Comme si nous étions égaux ! C’est le patron qui décide des conditions de travail. Il tient les salariés en son pouvoir, et là c’est un pouvoir de vie et de mort.

L’incurie du gouvernement

Et le gouvernement lui-même, que fait-il pour réparer les dégâts dont il est co-responsable avec les capitalistes pollueurs ? Il parle de « transition écologique », mais qu’a-t-il fait concrètement ?

A-t-il seulement mis les industries les plus polluantes sous surveillance ? A-t-il limité la circulation des yachts et des jets privés, comme il lui arrive de le faire avec les automobilistes ? Rien de tout cela, parce qu’il ne faudrait pas fâcher les plus riches ni déranger les intérêts établis.

Il est question de rénovation des logements, mais cela se fait à la vitesse de l’escargot, alors que tant de logements sont des passoires thermiques. Des dizaines de milliers de dossiers sont en attente faute de financement.

Macron vante son plan d’électrification. Au nom du passage à l’électrique, ArcelorMittal et TotalEnergies, qui affichent des milliards de profits et comptent parmi les premiers responsables du réchauffement climatique, vont ainsi continuer de capter des millions d’aides publiques. Sans véritable contrôle de l’État et sans plan d’ensemble susceptible de rationaliser l’économie.

Pour ce qui relève de sa responsabilité, l’État est en-dessous de tout. Nombre des 60 000 établissements scolaires sont des bouilloires thermiques. Seuls 10 % font l’objet de rénovation. Les lycéens ont ainsi passé les épreuves du bac professionnel dans des salles où il faisait plus de 30 degrés. Des écoles et des collèges transformés en étuves ont dû fermer leurs portes. Dans nombre d’établissements, hôpitaux compris, installer des volets ou ne serait-ce que des rideaux aux fenêtres et planter quelques arbres dans une cour semble insurmontable.

À nous, travailleurs, de nous en mêler !

Indépendamment de la lutte contre le réchauffement climatique, des aménagements sont possibles. L’obstacle n’est pas technique, mais politique. La rénovation du bâti scolaire couterait entre 40 et 50 milliards d’euros. Une somme importante, certes, mais du même ordre de grandeur que la rallonge de 36 milliards à l’armée, votée il y a deux semaines. L’argent que le gouvernement ne trouve pas pour nous protéger de la canicule, il le trouve pour préparer la guerre.

Ceux qui prétendent diriger la société sont dépassés par la logique aveugle du capitalisme. Ils sont incapables de réparer les dégâts qu’il a faits et incapables de l’empêcher d’en faire de nouveaux. Ce qui manque, c’est le contrôle de l’économie par la collectivité et par les travailleurs eux-mêmes, dans les petites choses comme dans les grandes.

Nathalie ARTHAUD


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Bertrand
 
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