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Éditorial des bulletins d'entreprise LO du 18 mai 2026

Message Publié : 18 Mai 2026, 23:47
par com_71
Le cirque présidentiel est lancé

Les guerres continuent de faire rage. Après une pluie de drones et de missiles sur l’Ukraine, des centaines de drones ukrainiens ont frappé la Russie, Trump a de nouveau menacé de réduire à néant l'Iran s'il refuse de plier, Israël poursuit son offensive au Sud-Liban... Mais qu'est-ce qui agite le petit monde politicien en France ? L'élection présidentielle qui aura lieu dans un an !

Les uns après les autres, les candidats se dévoilent, s’étripent en coulisses, rodent leur sourire et leur programme pour attirer l’électeur. Les sondages sur le premier et le second tour se multiplient, même si personne ne sait qui sera finalement sur la ligne de départ.

Comme à chaque fois, le cirque électoral promet son lot de numéros plus ou moins affligeants et de promesses en l’air.

Une comédie dont il ne faut rien attendre

Il y a toujours des élections pour nous faire patienter et espérer que les choses seront moins pires avec un autre président, un autre gouvernement, un autre maire, un autre président de région… Et d’année en année, voire de génération en génération, les choses empirent.

Nos parents pensaient que leurs enfants auraient une vie meilleure, que le progrès les soulagerait d’une vie d’exploitation et qu’ils en profiteraient davantage. Mais on n’en finit pas avec les crises, le chômage et la précarité. C’est même le retour de l’inflation galopante et des guerres.

Parce qu’indépendamment de ceux qui prétendent gouverner le pays, le système capitaliste a ses propres règles. Il est construit sur la base de l’exploitation. Et, en plus de la lutte de classe incessante qu’il nous mène, il nous condamne aux guerres, qui sont le prolongement de la concurrence acharnée à laquelle tous les capitalistes se livrent. Le capitalisme est un système où la grande bourgeoisie a le droit de mettre toute la société en coupe réglée pour ses profits exclusifs.

Les capitalistes ont le pouvoir de nuire…

Preuve en est la politique du groupe Total. Les peuples d’Afrique et du Moyen-Orient n’ont pas fini de souffrir pour que l’or noir continue de l’enrichir. Et nous ici, il nous rackette et nous force à laisser une partie de plus en plus grande de notre salaire à la pompe.

Mais comme, grand seigneur, il a bloqué la hausse des prix autour de deux euros, la plupart des dirigeants politiques, dont l’extrême droite, nous enjoignent de lui en être reconnaissants. Rendez-vous compte, Total nous laisse respirer un peu quand il pourrait complètement nous étrangler ! Et attention, nous menace-t-on, ne taxez pas ses superprofits, car il pourrait quitter la France !

Même la mesure de justice la plus basique est repoussée d’avance, parce qu’il ne faudrait pas fâcher les actionnaires de Total et son PDG, payé des centaines de milliers d’euros par mois.

Qu’il s’agisse de Stellantis ou de Renault, de Sanofi ou de Lactalis, de Carrefour ou de Leclerc, de la BNP ou de LCL, on nous chante la même chanson. Les capitalistes, parce qu’ils dominent toute l’activité économique et contrôlent, de fait, des centaines de milliers d’emplois, sont intouchables. Leur pouvoir s’impose à toute la société.

… et tous les politiciens sont à leurs pieds

La droite et les macronistes se prosternent devant le pouvoir du capital et ils l’assument en reprenant tous les désirs patronaux à leur compte. Le RN, qui s’est développé sur une image anti-système, défend désormais ouvertement le pouvoir et les intérêts des milliardaires. Quant au PS et ses alliés, ils se sont systématiquement couchés devant les ultimatums des capitalistes quand ils étaient au gouvernement.

Même s’il arrive à Mélenchon de tonner contre les grands actionnaires milliardaires, il n’est pas pour les exproprier. C’est pourtant le seul moyen de les mettre hors d’état de nuire et de construire, enfin, une économie organisée rationnellement dans l’intérêt des travailleurs.

Alors, plutôt que de chercher à nouveau un sauveur qui viendrait d’en haut, plutôt que de nous diviser en choisissant entre des programmes qui, au fond, servent tous ce système, les travailleurs doivent se tourner vers l’unique solution : s’organiser pour mener la lutte de classe.

Pour imposer nos intérêts de travailleurs et stopper l’évolution inégalitaire et destructrice de la société, il faut s’affronter avec la classe capitaliste. Pour cela, nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes. Nous devons reprendre conscience de la force que constitue le monde du travail et reconstruire un mouvement ouvrier digne de ce nom.

Nathalie ARTHAUD