Éditorial des bulletins d'entreprise LO du 23/02/2026

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Éditorial des bulletins d'entreprise LO du 23/02/2026

Message par com_71 » 23 Fév 2026, 21:51

Une campagne infecte en faveur de l'extrême droite

Le décès du militant royaliste et identitaire, Quentin Deranque, frappé à mort au cours d’une rixe opposant son groupe d’ultra droite à des « antifas », donne lieu à une campagne réactionnaire aussi écœurante que dangereuse.

Une véritable meute réunissant le Rassemblement national, la droite, le gouvernement, une partie du Parti socialiste et la plupart des médias s’est lancée aux trousses de La France insoumise au prétexte qu’elle compte dans ses rangs le fondateur de la Jeune garde dont deux ex-membres sont mis en cause.

Alors que LFI, les « antifas » et l’extrême gauche sont accusés d’avoir une responsabilité morale dans la mort du jeune identitaire et de propager la violence en politique, on assiste au blanchiment du RN, réhabilité dans le camp des démocrates et des républicains, et à la banalisation des idées d’extrême droite. Même les références à Hitler et à Pétain, le chef de la collaboration avec l’Allemagne nazie, sont revenues à la mode.

Martine Vassal, candidate de droite à la mairie de Marseille, a repris la devise pétainiste « Travail, famille, patrie ». En voulant hurler plus fort que les autres loups, la macroniste Aurore Bergé a taxé LFI de « parti anti-France ». C’est ainsi que Pétain qualifiait les communistes et les Juifs qu’il faisait arrêter et condamner à une mort certaine lors de la Deuxième Guerre mondiale.

L’Assemblée nationale a fait une minute de silence pour Quentin Deranque, dont on sait qu’il était venu appuyer des militantes d’extrême-droite décidées à perturber une conférence sur la Palestine. Mais combien de victimes tuées par des racistes n’ont même pas droit à une information au journal télévisé ? Et, bien des fois, comme pour le meurtre de Djamel Bendjaballah près de Dunkerque en 2024, le caractère raciste du crime n’est même pas reconnu !

Le ministre de l’Intérieur, prompt à interdire des rassemblements de solidarité avec la Palestine, a aussi autorisé l’ultradroite à rendre hommage à son nouveau martyr. Les nervis spécialisés dans la chasse aux travailleurs immigrés, aux militants de gauche, aux homosexuels et aux musulmans ont ainsi pu tranquillement défiler samedi après-midi dans les rues de Lyon. Après avoir passé la semaine à taguer et vandaliser des locaux de la gauche et de certains syndicats, ils se sont montrés avec leurs chants et leurs saluts nazis.

Derrière tout cela, il y a de sordides calculs politiciens. Pour le gouvernement, il s’agit d’isoler Mélenchon du reste de la gauche pour neutraliser un concurrent important à la présidentielle de 2027. Quant à la droite, elle vient de trouver un super prétexte pour s’allier avec l’extrême droite dans un front républicain inversé destiné à marginaliser LFI.

Cette campagne nous mène droit à un gouvernement du genre de celui de Trump, encore plus violemment hostile aux travailleurs, aux pauvres, aux immigrés, encore plus dévoué aux seuls milliardaires. Alors, il ne faut pas marcher !

Puisqu’il est question de violence, parlons de celle, véritable, qui ravage la société, la violence des guerres et des bombes.

Tous ceux qui se disent effarés par la brutalisation du débat politique y sont-ils opposés ? Pas du tout, ils ont soutenu cette violence-là. Ils ont même combattu ceux qui la qualifiaient, pour Gaza, de génocide, comme si 70 000 hommes, femmes, enfants, ensevelis sous des tonnes de bombes, ce n’était pas assez ! Chaque jour qui passe, ces « non-violents » nous expliquent qu’il faut se préparer à faire la guerre et à mourir pour la patrie, comme les Ukrainiens. Mais ce genre de massacre organisé par l’État et l’armée n’est jamais considéré comme de la violence.

De même, pour eux, la guerre sociale que les capitalistes nous mènent n’est pas de la violence. Mais alors, qu’est-ce que l’exploitation quotidienne avec son cortège de souffrances, de blessures et de maladies et ses 1000 morts au travail par an ?

Les bas salaires, la précarité et les licenciements sont autant de violences imposées à des millions de femmes et d’hommes. Et quand il arrive aux travailleurs de se révolter et de manifester, c’est encore par de la violence qu’ils sont reçus, comme cela a été le cas avec les gilets jaunes.

Alors, ne nous laissons pas intimider par cette campagne ! Les travailleurs révoltés contre l’ordre social actuel ont raison de le dénoncer et de s’inquiéter de son évolution de plus en plus raciste et réactionnaire. Car la solution ne viendra pas du panier de crabes politicien, mais des travailleurs eux-mêmes, de leur capacité à s’unir et à reconnaître dans leurs camarades de travail, quelles que soient leur origine, leur couleur de peau ou leurs croyances, des camarades d’exploitation et de combat.

Nathalie ARTHAUD
L’intérêt ne pense pas, il calcule. Les motifs sont ses chiffres. K. Marx, « Débats sur la loi relative au vol de bois » 1842.
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