Eurenco, l'ancienne SNPE, Société nationale des poudres explosifs, société d'Etat, filiale de Nexter (Giat), fusionnée en KNDS pour devenir un gros groupe franco-allemand de l'armement a à faire avec de grèves reconductibles sur deux de ses sites.
Le Monde s'est fendu d'un article (abonné) aujourd'hui :
« Ils rognent sur tout ce qu’ils peuvent » : les raisons de la grève chez le fabricant d’explosif et de poudre à canon Eurenco
Le chiffre d'affaire a triplé, à 336 M€ et il pourrait atteindre 560 M€ pour 2025 et ils prévoient 1 G€ ensuite.
Notre brève du 4/02 :
Eurenco – Bergerac débrayages pour les salaires
Mardi 3 février, environ 130 salariés d’Eurenco se sont rassemblés devant l’usine de Bergerac, qui compte pour le moment environ 600 travailleurs, dont 120 intérimaires. À l’appel de la CGT et FO, ils demandent 135 euros de plus par mois, pendant que le patron leur en offre 27 !
Sur ce site, fleuron de la production de poudre pour les canons César, les travailleurs à la production sont au smic. Seules les primes de nuit permettent de dépasser 2 000 euros. Encore faut-il tenir le coup du rythme en production, fait de deux jours de travail de 4 heures à 12 heures, puis de deux de 12 heures à 20 heures et enfin de deux autres de 20 heures à 4 heures. Les cadences ne cessent d’augmenter du fait de la demande. Comme le dit une ouvrière, « on est déjà en guerre et le patron a besoin de nous, alors il faut qu’il paye avant qu’on se retrouve réquisitionnés ».
Le matin du débrayage, un proche du directeur est arrivé dans un atelier en disant « Salut les grévistes ! » Testant les réactions, il a ajouté : « S’il y en a qui ne sont pas contents, ils ne sont pas obligés de rester et peuvent aller cueillir les pommes. » Cela a beaucoup choqué et, en plus du barbecue, une brochette de pommes s’est invitée sur les grilles de l’usine ! Après ce 2e débrayage en une semaine, l’idée revient souvent dans les discussions entre grévistes qu’« il ne faut pas lâcher ».
