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Algérie : les camps de l'armée française

Message Publié : 04 Avr 2026, 07:50
par Zorglub
Lorraine Rossignol, journaliste à Télérama vient d'écrire un livre Une tragédie occultée de la guerre d’Algérie - Les camps de regroupement sur les 2500 camps créés par l'armée française pour y déplacer 2 millions d'Algériens. Des familles, des villages, entiers entassés dans des conditions abominables qui firent 200 000 morts, dont deux tiers d'enfants.
1954-1962. Durant toute la guerre d’Algérie, sur 8,5 millions de “musulmans”, plus de 2 millions de fellahs – des paysans vivant dans le djebel ou sur les Hauts Plateaux – furent déplacés de force par l’armée française et regroupés dans quelque 2 500 camps. On estime qu’environ 200 000 personnes y trouvèrent la mort, victimes de malnutrition ou de maladies, majoritairement des enfants. À l’époque, à peine une décennie après la découverte des camps nazis, des voix s’élevaient déjà pour dénoncer un génocide en cours.
Mais qu’avaient donc pu faire ces fellahs pour se retrouver “parqués” là ? La stratégie des autorités françaises, d’abord militaire, puis très vite politique, était claire : il fallait les empêcher d’apporter un soutien logistique aux “fellaghas”, ces maquisards de l’Armée de libération nationale qui opéraient depuis les montagnes et les zones rurales les plus reculées. L’objectif final était d’embrigader ces populations regroupées selon un modèle directement inspiré de l’expérience indochinoise, ce qui permettait, au passage, d’oublier Diên Biên Phu.
En croisant des sources historiques, sociologiques, économiques, démographiques, politiques et médiatiques avec des témoignages recueillis tant en France qu’en Algérie, Lorraine Rossignol entraîne le lecteur dans un récit-enquête. Tout en révélant ces sombres réalités, elle nous donne à voir les acteurs qui contribuèrent, de façon déterminante pour certains, à éclairer cette histoire dont ils furent les contemporains : Michel Rocard, Pierre Bourdieu, Frantz Fanon…
Dans les débats mémoriels actuels, cet ouvrage entend briser, une fois encore, un trop lourd silence.

Sur le site de l'éditeur
Fanon était en Algérie et fût psychiatre et au FLN.

Une occurence dans le CLT n°181, Maghreb : les peuples face à l’impérialisme et à leurs propres dirigeants :
La révolte des peuples du Maghreb ouvrait des possibilités... gâchées

Chasser la puissance coloniale avait coûté très cher au peuple algérien : au moins 500 000 morts et deux millions de déplacés dans des camps. Ces sacrifices inouïs avaient été d’autant plus importants qu’il s’était retrouvé isolé dans la lutte. Cet isolement n’était pas une fatalité, il était le fruit de la politique des dirigeants nationalistes, et de la honteuse trahison des organisations ouvrières en France, qui s’étaient montrées complices du massacre des Algériens. En premier lieu, le Parti socialiste avait été à la tête de gouvernements ayant mené cette sale guerre. Le Parti communiste français, lui, se démarqua à peine du PS. Il vota les « pleins pouvoirs civils et militaires » en Algérie, qui permirent l’envoi du contingent.

Tout en prônant la paix en Algérie, le PCF abandonna à leur sort les rappelés qui, en 1956, refusaient de monter dans les trains qui les emmenaient faire la guerre. Cette politique acheva de discréditer le PC algérien qui lui était lié et renforça les nationalistes du FLN.
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