D'une copine, article envoyé en direct de Bolivie...
BOLIVIE : GRÈVE GÉNÉRALE ILLIMITÉE ET BARRAGES ROUTIERS JUSQU’À LA CHUTE DU GOUVERNEMENT DE LA RÉACTION ET DES PATRONS
Depuis début mai, c'est une explosion de luttes tous azimuts en Bolivie avec de multiples appels à la grève générale d'ouvriers, de paysans, d'enseignants, d'associations de quartier, de peuples autochtones qui sont descendus dans la rue pour protester contre les coupes budgétaires dans la santé et l’éducation, contre les expropriations et pour réclamer des augmentations de salaire indexées sur l’inflation.
Mais ce qui a commencé comme un rejet de la loi 1720 (« vol des terres paysannes au profit des grands capitalistes») et de la crise de la hausse du carburant, est devenu aujourd'hui une mobilisation nationale avec des exigences économiques, territoriales et politiques à caractère insurrectionnel.
Avec la violente répression militaire et policière brutale du gouvernement le 16 mai qui a fait quatre morts, de nombreux blessés et entraînés une centaine d'arrestation, la lutte a encore changé de niveau.
Les marches et les blocages de tous les secteurs professionnels dans tout le pays se sont multipliés avec une marche de 28 jours des Communautés autochtones jusqu'à La Paz, plus de 70 points de blocage actuellement dans tout le pays et à El Alto, la banlieue ouvrière de La Paz, l'unité entre ouvriers, paysans et voisins qui a fait reculer la répression policière et militaire. Et puis surtout de toutes ces mobilisation résonne maintenant le cri commun : « À bas Paz !» ( nom du président de droite actuel), et à juste titre.
En six mois, le gouvernement Paz et les patrons ont dévoilé leur véritable plan : déposséder les paysans et les indigènes de leurs terres, piller les ressources naturelles, couper dans les budgets publics, privatiser les entreprises publiques, endetter le pays, tout en baissant les impôts des grandes entreprises.
Peu à peu, s'est ainsi installé de fait un mouvement de grève générale illimitée pour faire tomber le gouvernement. La pression de la base est telle qu'elle contraint les syndicats comme la COB à s'associer et à exiger la chute du gouvernement par la grève générale.
Toute la difficulté, contre les manœuvres politiciennes qui ne vont pas manquer, est aujourd'hui pas seulement de virer Paz pour le remplacer par un de ses semblables, mais d'arriver à un véritable gouvernement des travailleurs et des communautés, que pose la mobilisation des travailleurs dans la situation, en s'appuyant sur les multiples formes d'auto-organisation qui ont surgi, en en faisant surgir d'autres en amplifiant encore la grève générale illimitée et en coordonnant toutes ces formes d'auto-organisation, pour construire une démocratie fondée sur le pouvoir des travailleurs dans la gestion des usines, des mines, de l'agroalimentaire et des banques et du pays avec des terres soient gérées collectivement par les communautés autochtones et paysannes et les grandes entreprises nationalisées sous contrôle ouvrier et populaire.
Fraternellement,
GdM
