Il y a trois législatives partielles prévues prochainement : une à Paris qui fait beaucoup couler d'encre dans la presse bourgeoise autour de la candidature de Rachida DATI finalement retirée au profit de Michel BARNIER, une autre dans une circonscription des Français de l'étranger et la dernière dans la
1ère circonscription du Tarn-et-Garonne.
Dans le
Tarn-et-Garonne, où le premier tour est programmé le 5 octobre, la circonscription regroupe la ville de Montauban et tout le nord-est du département (qui ne compte que deux circonscriptions).
Les principales communes sont :
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Montauban (62.500 habitants), préfecture du département.
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Caussade (6.900 habitants).
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Nègrepelisse (5.800 habitants).
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Saint-Etienne-de-Tulmont (4.000 habitants).
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Albias (3.300 habitants).
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Lafrançaise (2.800 habitants).
Montauban est une ville surtout administrative, commerciale et militaire, avec aussi un centre hospitalier qui emploie 2.000 personnes. Avec une population en hausse (effet "débord" de Toulouse ?), elle est au cœur d'un riche bassin agricole (fruits et légumes notamment, mais aussi maïs, élevage...) Elle a quelques industries d'importance moyenne localisées au sud de la ville : dans l'agroalimentaire, Biscuit International (ancienne biscuiterie Poult, 350 personnes) et la Société Laitière de Montauban (lait Lactel, 170 personnes) qui appartient au groupe Lactalis ; et dans la métallurgie, Maf Roda / Maf Agrobotic (concepteur et fabricant de machines de calibrage, tri et conditionnement des fruits et légumes, 300 personnes) et une usine du sous-traitant aéronautique Mécachrome (170 personnes) fournisseur d'Airbus et des industries militaires. L'entreprise de matériel électro-acoustique Bouyer, qui a autrefois employé 650 personnes à Montauban, est tombée à 60 puis remontée à 100 dans de nouveaux locaux. Les zones d'activité comprenant de nombreuses entreprises moyennes ou petites dans le commerce, l'artisanat, des concessionnaires automobiles, des supermarchés ou hypermarchés etc., emploient plusieurs milliers d'autres travailleurs au nord et au sud de la ville. Côté nord, l'entreprise agricole SCEA Buratti est un acteur important dans le domaine de la cueillette et du calibrage, tri et conditionnement des pommes, dont le petit effectif habituel monte à 300 personnes avec les saisonniers, et qui est un client de Maf Roda.
En périphérie de Montauban, plusieurs petites villes tendent à devenir des zones résidentielles pour des travailleurs employés à Montauban. C'est le cas pour
Nègrepelisse, petite ville abritant surtout des activités commerciales, artisanales et semi-industrielles, notamment en lien avec la construction ; pour
Saint-Etienne-de-Tulmont, un bourg commercial, et pour
Albias, qui accueille l'usine de 50 personnes du groupe Guilhem Industries, spécialisé dans la garniture des sièges en mousse (sièges de bureau notamment, mais aussi sièges de TGV ou autres).
Il existe d'autres activités économiques significatives en périphérie de Montauban mais situées en direction de Toulouse
dans la circonscription d'à côté, notamment une vaste zone logistique plus au sud et un peu d'aéronautique en direction de Toulouse (Liebherr à Campsas, 200 personnes), ainsi qu'en
Haute-Garonne : le secteur de Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne) / Labastide-Saint-Pierre (Tarn-et-Garonne) proche de Montauban a longtemps accueilli des usines de câblage automobile de Molex (ex-Cablauto) et Valéo, fermées dans les années 2000 et où seule subsiste l'usine ex-Labinal aujourd'hui Safran (câblage aéronautique) de 550 personnes.
A 25 km au nord-nord-est de Montauban,
Caussade accueille l'usine APEM SAS (solutions d'interface homme-machine : interrupteurs, joysticks, claviers, panneaux de contrôle, arrêts d'urgence etc., 320 personnes, avec un autre site de 80 personnes à
Montpezat-de-Quercy, également dans la circonscription, pour le traitement de surface des pièces métalliques) ; et l'usine Guima Palfinger (bras de levage hydrauliques à monter sur camions ou engins, 210 personnes). Toutes deux font partie des leaders mondiaux dans leur domaine. Le producteur de semences de maïs Lidea Semences, ex-Caussade Semences absorbé depuis 2020 par le groupe Euralis, a annoncé en octobre 2024 la fermeture du site de production de Caussade et la suppression des 59 postes, ne conservant que de la R&D et un peu d'administratif et inquiétant y compris les agriculteurs du secteur, en attendant un hypothétique repreneur. Une centaine de personnes se répartissent par ailleurs entre un petit abattoir et une usine de transformation de viande (Codevia : steaks hachés, saucisses, brochettes...) du groupe Bigard.
Sur la ligne de coteaux dominant le Tarn en aval de Montauban, la commune de Lafrançaise est un gros bourg agricole et commercial.
La circonscription a aussi une activité touristique non négligeable, aussi bien dans le vieux centre de
Montauban que dans de jolis villages tels que
Bruniquel,
Caylus,
Laguépie,
Saint-Antonin-Noble-Val, dans les gorges de l'Aveyron ou encore le "pays de Lafrançaise".
L'élection législative partielle des 5 et 12 octobre 2025 a été provoquée par la condamnation à l'inéligibilité pendant un an de la députée sortante, Brigitte BAREGES, ex-LR devenue UDR (les "amis d'Eric CIOTTI" alliés du RN) et ancienne maire de Montauban jusqu'en 2021, qui s'est donc retrouvée démissionnaire d'office. "
Il lui est reproché d’avoir employé pour sa campagne des législatives de 2024 deux membres du cabinet de la mairie de Montauban sur leurs jours de repos et de congés mais aussi, quelquefois, sur leur temps de travail", selon la presse locale. Brigitte BAREGES avait déjà été condamnée en 2021 à cinq ans d'inéligibilité pour détournement de fonds publics en tant que maire de Montauban, avant d'être relaxée en 2022 et cet exemple de relaxe était régulièrement mis en avant par le RN en 2025 pour prétendre que Marine LE PEN serait dans le même cas... Patatras, le bel exemple !
Il y a à ce jour huit candidatures déclarées (d'autres restent possibles, le dépôt des candidatures sera ouvert du 8 au 12 septembre).
- Catherine SIMONIN-BENAZET pour Renaissance (les macronistes)
- Bernard PECOU pour LR
- Pierre-Henri CARBONNEL pour l'UDR / RN
- Brigitte POMA, candidate divers droite
- Jean-François GRILHAUT DES FONTAINES pour Solidarité & Progrès (le parti de Cheminade)
- Guy JOVELIN pour le Parti de la France (extrême-droite identitaire et pétainiste)
- Catherine BOURDONCLE pour le PS
- Richard BLANCO pour Lutte Ouvrière
On ne sait pas à ce stade si la candidate PS parviendra à fédérer autour d'elle ceux que la précédente candidate de 2024 repoussait : le PCF, EELV et LFI.
En effet, à l'origine, la candidate pressentie pour le PS était l'ancienne députée de 2012 à 2024, Valérie RABAULT, une candidate NUPES en 2022 puis anti-NUPES et pro-Raphaël GLUCKSMANN en 2024, refusant même de discuter avec les autres partis ; elle avait finalement perdu l'élection de peu au profit de Brigitte BAREGES (alors à LR mais soutenue par le RN).
Cette fois-ci, Valérie RABAULT a renoncé et passé le témoin à Catherine BOURDONCLES qui sera peut-être beaucoup plus encline à faire alliance avec les autres partis de gauche. Et pour l'instant, du côté de ces derniers (PCF, EELV, LFI), c'est silence radio et aucune candidature n'est déclarée, ça doit grenouiller sec !
Du côté de la droite, c'est la foire d'empoigne. La nouvelle maire de Montauban, Marie-Claude BERLY (LR), a suivi avec retard exactement le même chemin que Brigitte BAREGES et a choisi de se présenter à la législative partielle comme suppléante de Pierre-Henri CARBONNEL pour une candidature UDR soutenue par le RN, ce qui lui a valu son exclusion de LR le 31 juillet. Bernard PECOU, conseiller municipal de Montauban ayant perdu ses délégations en juillet du fait de son conflit avec Marie-Claude BERLY, est lui officiellement investi par LR. Enfin la candidate Brigitte POMA, ex-RN ayant dans le cadre d'accords nationaux dû laisser la place aux ciottistes, se présente désormais en concurrence sous une étiquette "Divers droite".
Les résultats du premier tour de l'élection de 2024 étaient les suivants (il y avait 6 candidats) :
- Brigitte BAREGES (UDR-RN) 43,93%
- Valérie RABAULT (PS) 36,81%
- Catherine SIMONIN-BENAZET (Renaissance) 15,49%
- Richard BLANCO (Lutte Ouvrière) 1,86%
- Jean-François GRILHAULT DES FONTAINES (S&P) 1,22%
- Alain BRU (Alliance Centriste) 0,69%
Le camarade Richard BLANCO est employé au ministère du travail. Un article et une petite vidéo LO faisaient son portrait lors des européennes de 2024 :
https://www.lutte-ouvriere.org/portail/ ... 64181.html