IVG à domicile

Rien n'est hors-sujet ici, sauf si ça parle de politique

Message par alex » 24 Juin 2004, 13:10

Le décret autorisant l'IVG à domicile a enfin été signé par le ministre de la Santé.
L'avortement, de l'hôpital à la maison

Par Julie LASTERADE
jeudi 24 juin 2004

Le décret d'application était prêt, il manquait juste une petite signature pour rendre légale l'interruption volontaire de grossesse (IVG) médicamenteuse en ville. Mardi, Philippe Douste-Blazy, ministre de la Santé, a annoncé avoir pris son stylo et sorti de la pile le 16 juin le décret d'application sur l'IVG médicamenteuse. Où il était en attente depuis juillet 2001.
Délais. Encore «quelques jours» et il devrait paraître au Journal officiel. Ensuite, les femmes enceintes qui ne souhaitent pas poursuivre leur grossesse n'auront plus à passer forcément par l'hôpital pour avorter (Libération du 28 février). Si leur médecin a passé une convention avec un hôpital public ou privé, il pourra leur délivrer lui-même le comprimé de Mifégyne, celui qui stoppe la grossesse. Deux jours plus tard, elles prendront une deuxième molécule pour faciliter l'expulsion et feront leur fausse couche chez elles. Avantage : ne plus être bloquée par les délais d'attente souvent très longs à l'hôpital et donc ne plus risquer d'être hors délai pour pouvoir avorter avec un comprimé. Cinq consultations chez un médecin formé sont prévues. La Mifégyne ne sera pas délivrée sur ordonnance. «C'est le médecin qui se procure la molécule à la pharmacie et qui la leur délivre», explique Maïté Albagly du Planning familial. C'est le médecin aussi ou le groupe hospitalier avec lequel il est en réseau qui sera joignable en cas de problème. «Tout est prévu pour la sécurité de la femme, assure Joëlle Brunerie, gynécologue à Paris. Elle saura où aller si elle saigne trop et si elle s'inquiète.»
Cinq semaines. Car, médicalement, les praticiens sont sûrs d'eux. «J'ai été l'une des premières à pouvoir expérimenter cette molécule à l'hôpital», continue Joëlle Brunerie. C'était dans les années 80. La Mifégyne s'appelait encore le RU 486. «Nous nous sommes tout de suite rendu compte que c'était un vrai progrès, un moyen d'alléger la prise en charge des IVG précoces.» Moins lourd que le curetage ou l'aspiration. Le protocole est rodé depuis des années. Il ne s'adresse qu'aux femmes enceintes de moins de cinq semaines (49 jours d'aménorrhée). «On est dans un temps très limité, continue Joëlle Brunerie. Au plan médical, ce n'est pas plus dangereux ni plus grave qu'une fausse couche spontanée très précoce. Il n'y a donc aucune raison d'exiger que cette intervention se passe à l'hôpital.» Sauf si la femme, pour des raisons de confort, préfère une prise en charge totale à l'hôpital. «Il faut qu'elle continue à avoir le choix, insiste Joëlle Brunerie. Entre le médecin de ville et l'hôpital, entre la technique chirurgicale ou médicamenteuse.»
Eté catastrophique. Les associations demandaient également la revalorisation des forfaits IVG dans les établissements de soins. Ils viennent d'être augmentés de 30 % pour inciter les cliniques à continuer cette pratique. En région parisienne, beaucoup l'avaient abandonnée. Trop peu rentable. Néanmoins, le Mouvement français pour le Planning familial s'inquiète. L'été 2004 risque d'être «catastrophique» pour les femmes qui veulent avorter. Les lits vont encore manquer à l'hôpital et il n'y a aucune chance que l'IVG médicamenteuse en ville devienne courante avant la rentrée. «Le temps que la circulaire arrive dans les établissements, que les personnels reviennent de vacances, continue Maïté Albagly, et qu'ils se familiarisent à cette pratique. Pour la pilule du lendemain, ajoute-t-elle, nous sommes toujours, deux ans après l'annonce, en train d'expliquer aux infirmières scolaires qu'elles peuvent la distribuer aux jeunes filles de 15 ans sans être dans l'illégalité.»

© Libération
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Message par magdalene » 24 Juin 2004, 18:33

malgré les propos rassurant de joëlle brunerie, je reste sceptique quant à cette pratique à domicile, tout comme je suis sceptique quand après une IVG à l'hôpital des femmes sont placées en secteur 'maternité'...

je ne vois là que des soucis d'économies : en quoi la méthode dite par aspiration serait moins "lourde" que la méthode chimique ? la seule lourdeur de la première est qu'elle nécessite une anesthésie générale et pas l'autre, qui elle provoque une fausse couche... je ne crois pas que l'on puisse aujourd'hui savoir quelle méthode est préférable, à partir du moment où les délais pour une IVG par aspiration en hôpital sont scandaleusement longs.

a écrit :Moins lourd que le curetage ou l'aspiration

le "curetage" serait toujours pratiqué ? :blink:

a écrit : Les associations demandaient également la revalorisation des forfaits IVG dans les établissements de soins. Ils viennent d'être augmentés de 30 % pour inciter les cliniques à continuer cette pratique. En région parisienne, beaucoup l'avaient abandonnée. Trop peu rentable.

rendez-vous compte : il faut inciter les cliniques privées, par des prix attractifs... plutôt que d'augmenter les capacités d'accueil dans les hôpitaux. :altharion:
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Message par mélusine » 27 Juin 2004, 16:49

les curetages sont encore abondamment pratiqués même s'il ne s'agit pas de "curetage à vif" comme celui que raconte Gisèle Halimi. De nombreux médecins qui pratiquent des IVG, sont loin d'être des féministes et ne s'embêtent pas à apprendre à bien maîtriser la techniuqe d'aspiration. Résultat, ils font une anesthésie générale, et pratiquent un curetage. Mais avec celui-ci le risque de séquelles à la muqueuse de l'utérus, et donc de stérilité, est plus important.

Pour ce qui est de la revendication de l'augmentation des tarifs: il est évident qu'il serait meiux que ces opérations se fassent dans le public, mais compte tenu de la poilitique de maîtrise des coûts, le problème est le même à l'hôpital. De plus, il est plus long de faire réouvrir un service IVG à l'hosto, s'il a fermé que d'empêcher que des cliniques ne ferment les leurs.
Le planning n'est pas une orga révolutionnaire, ce qui l'intéresse c'est que les filles et les femmes puissent avorter dans les meilleures conditions possibles quand elles le veulent. Et heureusement qu'elles sont là....
mélusine
 
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Message par amanda » 27 Juin 2004, 21:48

(mélusine @ dimanche 27 juin 2004 à 17:49 a écrit :Le planning n'est pas une orga révolutionnaire, ce qui l'intéresse c'est que les filles et les femmes puissent avorter dans les meilleures conditions possibles quand elles le veulent. Et heureusement qu'elles sont là....

Ben je suis pas sure que faire une fausse couche provoquée seule chez soi ce soit avorter dans les meilleures conditions possibles.
amanda
 
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Message par zarta » 29 Juin 2004, 12:38

c'est même assez triste, voire sinistre, ^bien que certaines peuvent préférer ça...
zarta
 
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Message par amanda » 29 Juin 2004, 23:27

(zarta @ mardi 29 juin 2004 à 13:38 a écrit :c'est même assez triste, voire sinistre, ^bien que certaines peuvent préférer ça...

Sinistre est bien trouvé, oui certaines peuvent préferer cela, à quoi ? avoir cet enfant malgré tout ? Puis au moins comme ça c'est discret, caché, eh hop, l'avortement madame ? A quoi bon cela ne se fait plus depuis longtemps, elles ont choisi, lisez nos stats.... etc etc.
Ayons honte de nos choix à l'abri des regards indiscrets de la réaction...
amanda
 
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Message par zarta » 03 Juil 2004, 19:44

On s'est mal compris. Etre isolée chez soi, seule pour avorter, je trouve que c'est justement un peu comme se cacher. Personnellement, je préfère avorter à l'hopital. Mais je conçois que l'on puisse choisir cette solution. Le problème est que par manque de place à l'hopital, cette solution n'est plus du tout un choix, mais un abandon de la femme à son sort. J'ai une copine dont la collègue a avorté en prenant une pillule : le foetus était suffisamment gros pour ^^etre distingué. Alors quand elle a vu "ça" dans les toilettes... elle a déprimé pendant des mois...
Je pense que le combat principal reste pour la réouverture des lits à l'hopital.
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Message par Urriko » 03 Juil 2004, 22:14

La signature de ce décret d'application par Douste-Blazy (alias Douste-Blabla) n'a eu lieu que pour des raisons comptables. Dans le cadre du projet « Hôpital 2007 », cette thérapeutique bien que moins invasive qu'une IVG « classique » n'aura à mon sens que pour objectif de limiter le plus possible les actes médicaux au sein de l'hôpital, et donc :
- de pouvoir encore supprimer des lits,
- et par conséquent d'artificiellement cacher la réalité de délais beaucoup trop longs pour une IVG en hôpital si cette technique venait à être largement préférée par les femmes.

De plus, même si comme l'indique Joëlle Brunerie, "Au plan médical, ce n'est pas plus dangereux ni plus grave qu'une fausse couche spontanée très précoce", il me semble que la présence d'une équipe médicale (psychologues, médecins, infirmières) n'est pas superflue pour accompagner "techniquement" et soutenir psychologiquement une femme au moment de l'expulsion du foetus, et ce dans un hôpital, puisque contrairement à une fausse couche spontanée, donc non-prévue, celle-ci est programmée.

Toujours est-il que cette IVG médicamenteuse, même si elle peut ne pas être un réel choix compte-tenu du manque de lits, reste néanmoins une avancée dans les techniques mises à disposition de femmes confrontées à une grossesse non-désirée.
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Message par magdalene » 04 Juil 2004, 17:00

(manu @ samedi 3 juillet 2004 à 21:11 a écrit :

Mais les femmes sont suffisament matures pour agir en minimisant les risques de santé et physique et psychologique.

"la maturité des femmes" je n'ai aucune idée de ce que cela peut être.
mais ce que je sais c'est que les conséquences psychologiques sont surtout dues à un ordre moral qui valorise la maternité au point de se sentir coupable d'y renoncer ou même de se sentir coupable d'être malencontreusement "tombée" enceinte. le tout accentué par la pénurie de lits qui pousse certaines femmes à poursuivre leur grossesse pendant plusieurs semaines, contraintes d'attendre une place en hôpital ou en clinique, alors que leur décision est prise depuis longtemps.
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