Sur Virgin, Film d'animation Japonais.
(Télérama a écrit :Le Japon, en 1945, sous les bombes américaines. Seita, 14 ans, et Setsuko, 4 ans, tentent de survivre. La ville est en ruine, la famine guette. Et voici qu’apparaissent d’étranges taches rouges sur le corps de Setsuko...
Un dessin animé tragique, c’est surprenant. Dès le début, la reconstitution d’un bombardement sur Kobe, dans des décors d’une précision hallucinante, installe un réalisme quasi documentaire. Avec une histoire toute simple – un petit garçon veille sur sa sœur malade –, Takahata éblouit. Admirateur de Paul Grimault et de Youri Norstein (Le Conte des contes), sa mise en scène privilégie les moments de pause, ces temps qu’on dit « morts » et où tout, au contraire, est vivant et vibrant. Frémissement de la nature, la nuit, quand les enfants s’amusent avec des lucioles, dont la vie fugace va se révéler tristement symbolique. Jeux fraternels des corps, dans cette séquence où Seita et Setsuko roulent l’un vers l’autre sous la moustiquaire. Il faut voir aussi avec quel talent, par une mimique (un froncement de sourcils, un balancement sur un pied), Takahata exprime une bouderie de petite fille.
Avec Le Tombeau des lucioles, il prouve que l’animation peut porter l’émotion à son comble. Il obtint ensuite son plus grand succès au Japon avec sa fable picaresque Pompoko.