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Message Publié : 01 Août 2006, 20:56
par Sterd
Une autre de mes lectures de vacances. La vie de Ménaché Foïgel, juif ukrainien à la charnière du 19 et du 20ème siècle. Entre sa jeunesse traditionnaliste ou il se destine à la "science" talmudique jusqu'à la révolution.

Aux excellentes éditions "Les bons caractères"

La présentation se suffit à elle même

a écrit : « Ce Fléau de Dieu n’attaque pas la santé physique. Les personnes qui en sont atteintes portent sur le visage la joie de vivre, elles rayonnent de contentement. Comment s’apercevoir qu’elles ont été contaminées ? Quand le mal se déclare, il est trop tard. »
C’est dans ces termes qu’un oncle traditionaliste met en garde son neveu Ménaché Foïgel, le personnage central du livre, contre ce « fléau du savoir » dont il ne va pas tarder à être atteint. Ce « fléau », c’est celui qui touche les communautés juives d’Europe orientale au tournant des 19e et 20e siècles, lorsqu’elles s’ouvrent progressivement aux idées modernes, progressistes et égalitaristes, voire athées, socialistes et révolutionnaires. Les jeunes émigrants juifs qui quittent leur Russie ou leur Ukraine natale à la recherche d’une vie meilleure, traversant l’Allemagne pour gagner la France ou l’Angleterre, découvrent un monde et des relations sociales qu’ils ne soupçonnaient pas. Souvent ils portent en eux une révolte et une espérance qui, loin de les amener à se replier sur le communautarisme et le culte des traditions, les rendent particulièrement sensibles aux idées d’émancipation sociale et de révolution.
Cette « épopée de Ménaché Foïgel », qui se situe entre 1882 et 1919 et fournit la trame du Fléau du savoir, est celle de toute une génération. Fuyant la misère et les pogromes, celle-ci se retrouve au cœur des drames du continent européen, assiste en France à l’éclatement de la Première Guerre mondiale et espère, avec les secousses révolutionnaires qui suivent celle-ci, voir enfin naître un monde nouveau. Le livre d’André Billy et Moïse Twersky est une vaste et passionnante fresque qui fait revivre toute cette époque.


tout simplement génial

Re: Le fléau du savoir - L'épopée de Ménaché Foïgel

Message Publié : 07 Mai 2026, 07:01
par Byrrh
En plus du Fléau du savoir, L'épopée de Ménache Foïgel comportait deux autres volumes : Comme Dieu en France et Le Lion, l'Ours et le Serpent, tous publiés chez Plon en 1927-1928.

Ces deux autres volumes sont-ils également dignes d'intérêt ?

Re: Le fléau du savoir - L'épopée de Ménaché Foïgel

Message Publié : 08 Mai 2026, 18:13
par com_71
???

Re: Le fléau du savoir - L'épopée de Ménaché Foïgel

Message Publié : 08 Mai 2026, 19:27
par Byrrh
J'ai écrit une bêtise ? :(

Ou cela veut-il dire que le texte réédité par Les Bons Caractères réunit les trois volumes de cette œuvre ?

Après tout, c'est possible, en fonction de la taille de caractères qui a été utilisée. Les trois volumes des années 1920 faisaient 248, 245 et 241 pages. Le volume unique des Bons Caractères en fait 436.

Re: Le fléau du savoir - L'épopée de Ménaché Foïgel

Message Publié : 08 Mai 2026, 20:42
par com_71
Byrrh a écrit :J'ai écrit une bêtise ? :(
Non, non, c'était pour répéter la question.
Mais, vérif faite, effectivement, LBC a publié les 3 tomes en un seul volume.

Re: Le fléau du savoir - L'épopée de Ménaché Foïgel

Message Publié : 08 Mai 2026, 20:49
par Byrrh
com_71 a écrit :Mais, vérif faite, effectivement, LBC a publié les 3 tomes en un seul volume.

Super, merci de la confirmation. Je viens d'ailleurs de voir que Plon, en 1951, avait déjà réédité un volume unique de 351 pages sous le titre actuel.

Re: Le fléau du savoir - L'épopée de Ménaché Foïgel

Message Publié : 09 Mai 2026, 07:49
par Byrrh
La lecture du livre de Billy et Twersky pourra être suivie de celle de cet autre ouvrage : Les Juifs de Belleville de Benjamin Schlevin, publié pour la première fois en 1948 et réédité l'année dernière (L'Échappée, coll. Paris perdu, 560 pages, 24 euros).

Cette année, à la Fête de Lutte ouvrière, cet ouvrage sera présenté par Denis Eckert le lundi 25 mai à partir de 11 heures à l'Espace Friedrich Engels.
Né à Brest-Litovsk (Biélorussie) en 1913, arrivé à Paris en 1934, Benjamin Schlevin restitue dans ce roman écrit dans sa langue maternelle, le yiddish, et publié en 1948, la vie intense et tragique du petit peuple des artisans et ouvriers juifs de Belleville, originaires d’une Europe de l’Est secouée par les suites de la guerre de 1914-1918 et la révolution bolchevique, dans un contexte d’antisémitisme virulent. En suivant les trajectoires divergentes de Béni l’arriviste et de Jacques l’idéaliste, arrivés ensemble à Paris en 1920, on découvre le monde complexe des petits patrons, des ouvriers d’atelier et des façonniers, unis par des liens de solidarité et d’exploitation, avec les hôtels et les garnis où s’entassent les nouveaux venus, les sociétés de secours mutuels, les cercles politiques et culturels animés par d’infatigables militants, la vie trépidante des cafés bellevillois, les combats antifascistes et les grèves de 1936, jusqu’aux pages sombres de la défaite de 1940 et de l’Occupation.

https://www.lechappee.org/collections/p ... belleville