Sanctionnés pour délit de pédagogie

Message par Crockette » 05 Oct 2010, 10:32

bon,

pour Jacquemart : être noté par un jury qui n'est pas affilié directement à une hiérarchie, c'est moins grave...que par une ligne hiérarchique.
ds le jury il ya différentes professions, différents parcours (professeurs, formateurs, professionnels etc); donc on se rapproche plus de de la notation objetive sans arrière pensée de revanche comme un patron ou un inspecteur peut le faire avec un employé qui fait ne courbe pas tout le temps la tete...

pour gédéon : je veux pas me faire classer laxiste, bien sûr qu'il faut des notes, mais comme l'as très bien souligné SATANAS (bravo pour ton exemple bien détaillé d'ailleurs, ça fait écho à ce que j'ai entendu ici ou là par des amis) moi, je dénonce l'instrumentalisation des notes et des évaluations, surtout lorsqu'elle sont faites par une hiérarchie...que ce soit ds le privé ou ds le public.
elles sont utilisées pour être une courroie de transmission des idéologies capitalistes libérales, via le management... elles sont là pa spour évaluer des compétences, mais surtout pour encourager les personnes à courber l'échine et à s'inscrire ds un registre travail "bien fait" (le travail bien fait ds la bouche des patrons étant souvent un travail sans revendiquer) = no-nos.

ds une société communiste, bien sûr qu'il y aurait des élèves plus doués que d'autres, puisque certains seraient ouvriers et d'autres ingénieurs, je suis pas pour lisser tout le monde au meme niveau intellectuel ce serait stupide...


ce qui se passe pour les évaluations ds le monde du travail on le retrouve ds la justice où on nous fait avaler la couleuvre qu'un procureur est parfaitement aussi indépendant qu'un juge..pour décider d'amorcer une action en justice...

Gedeon, ton point de vue sur l'évaluation des patrons des hiérarchies, ça serait sympa.
pour ZAPPA : d'accord à 100 % avec ton message.
Crockette
 

Message par Gédéon Bourbaki » 05 Oct 2010, 11:34

a écrit :pour gédéon : je veux pas me faire classer laxiste, bien sûr qu'il faut des notes, mais comme l'as très bien souligné SATANAS
je ne trouve d'ailleurs rien à ce que dit Satanas, mon propos était ailleurs.

a écrit :Gedeon, ton point de vue sur l'évaluation des patrons des hiérarchies, ça serait sympa.
Tu me demandes quoi exactement ?Dans la société actuelle, il ne faut pas s'attendre à ce que la notation se fasse autrement que suivant la "cascade hiérarchique". Maintenant, le meiux qu'on puisse faire, c'est par exemple de réagir collectivement quand un chef (petit ou grand) fait du zèle et de tâcher de mettre fin à ses agissements.
Gédéon Bourbaki
 
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Message par Crockette » 06 Oct 2010, 15:30

non Gédéon Bourbaki,je pense qu'on est à peu près d'accord, sur le fonds, tu réprouves aussi le fait que les patrons soient à 100 % les évaluateurs des travailleurs si j'ai bien compris.

sinon voici un texte de DEJOURS, le premier spécialiste du monde du travail qui avait été l'un des premiers à sonner l'alarme pour ce qui se passait chez france télécom...


c'ets un texte de 2003 : "l'évaluation au travail à l'épreuve du réel.Critique des fondements de l'évaluation, Paris, INRA editions 2003".

"l'impossibilité de connaitre le travail pour l'évaluer génère de spis-aller. premièrement, c'est le temps de travail qui sera évalué, cependant celui-ci ne restituant pas la qualité de l'effort, onle couplera ds les années 60, à l'évaluation des performances. Le modèle reste ici la production industrielle de masse et il s'avèrera obsolète avec l'avènement des activités de services demandant un engagement de la subjectivité débordant largement le temps qu'on comptabilise comme temps de travail" (p34-35). on passe alors à l'évaluation des compétences".

"si l'évaluation n'évalue pas le travail (c'est que je dis depuis des années...surle falo) en revanche elle devient un instrument de management, l'évaluation de la compétence dérivant vers celle de l'individu. l'évaluation mène à une concurrence généralisée entre les travailleurs, ce qui entraine une destructuration des solidarités, des collectifs donc de l'identité au travail".

"le bilan est dramatique : suicides des travailleurs depuis la fin des années 90 surle lieu de travail, burn-out, karoshi, mais aussi usage subite de médicaments, de drogues, depressions".

DEJOURS est à l'origine de la psycho-dynamique du travail, il est psychologue, psychanalyste et je crois aussi enseignant mais la je suis pas sûr.
Crockette
 

Message par Wapi » 17 Juin 2011, 10:34

Je fais remonter ce fil sur l'utilité des notes chiffrées à l'occasion du baccalauréat et d'articles dans la presse sur la notation des copies, et en particulier ce bon article du Figaro.

A vrai dire, c'est plus visible pendant le bac, car c'est un examen plus massif. Mais c'est tout le temps qu'on fabrique des notes, pour de toutes autres raisons que pour évaluer pédagogiquement une progression.

a écrit :Comment se «fabriquent» les notes du baccalauréat

Par Marie-Estelle Pech

17/06/201 | Mise à jour : 09:12  Réagir 

L'harmonisation reste nécessaire : une étude a montré que, sans elle, les notes d'une dissertation pouvaient varier jusqu'à 11 points d'un correcteur à l'autre.
Les commissions qui garantissent l'harmonie entre les différents correcteurs proposent exclusivement des rectifications à la hausse.


D'ici à début juillet, le ministère de l'Éducation nationale se réjouira de l'excellent taux de réussite des élèves au bac. Dans les familles, on débouchera le champagne. Le taux de réussite au bac est passé de 73,5 % en 1960 à 85,8 % en 2010 et les mauvaises langues enseignantes ne manquent pas de critiquer les consignes systématiques de correction à la hausse émanant des inspecteurs de l'Éducation nationale. Certains n'hésitent pas à parler de «tripatouillage des notes».

De fait, les professeurs de philosophie «de corvée de bac», qui vont aujourd'hui récupérer leur paquet de cent vingt à cent cinquante copies à corriger avant le 30 juin, sont fortement encadrés. Leurs corrections sont précédées et suivies de deux à trois réunions destinées à «harmoniser» la notation.

On y donne des consignes, écrites et surtout orales, qui éveillent l'intérêt, car elles restent confidentielles. «À tort ou à raison, elles sont soupçonnées de contribuer à augmenter de manière artificielle les taux de réussite et d'affaiblir ainsi la valeur du bac», relevait en 2008 le sénateur Jacques Legendre dans un rapport. Les barèmes de notation sont «trop souvent formulés dans des termes purement positifs», écrivait-il.

«Valorisez !»

Il s'agit rarement de sanctionner telle erreur ou méconnaissance, jugée rédhibitoire, mais de fonder une appréciation «large». Jean-François, professeur d'histoire à Nice, en témoigne : «On nous demande systématiquement de donner un coup de pouce pour éviter que trop de candidats aillent au rattrapage». «J'entends déjà le contenu de la grand-messe des inspecteurs, la semaine prochaine : valorisez !», soupire cette professeure de lettres pour qui le bac sert surtout à «gérer les flux d'entrée et de sortie des lycées et des universités».

Discipline par discipline, académie par académie, des «commissions d'entente» rassembleront la semaine prochaine un inspecteur et certains correcteurs chargés lors d'une deuxième réunion de diffuser les consignes auprès de l'ensemble des correcteurs. La «commission d'harmonisation» qui se tient fin juin permet de prendre la mesure des divergences de notation. Le tout se passe dans des lycées devant des gâteaux secs et des jus de fruits mais avec une harmonie relative. Philippe, professeur de philosophie dans l'académie de Bordeaux, a assisté à quelques accrochages salés entre des «collègues qui ont une très haute idée de leur discipline», souvent les plus jeunes et les plus âgés, et les autres, accusés de laxisme par les premiers. «Les pressions sont surtout feutrées», explique une enseignante de philosophie, «une année, l'inspecteur nous a reproché d'avoir l'une des pires moyennes de France et nous a demandé d'être plus indulgents pour ne pas faire fuir les élèves désireux de s'inscrire en filière littéraire». En mathématiques, dit en ricanant cet autre enseignant, si la moyenne est jugée trop faible, le barème est modifié pour relever les notes. Mais si la moyenne est jugée forte, aucune modification de barème n'est adoptée…

Reste qu'une «harmonisation» des notes est essentielle pour éviter les injustices. Sans cela, certains professeurs n'hésiteraient pas à aligner des notes très faibles voire des zéros, sans se préoccuper de ce que font leurs collègues… Sans contrôle, l'aléa de la correction est considérable, comme l'ont montré dans le passé des études de «docimologie» (science de l'évaluation en pédagogie). En 2007, le chercheur Bruno Suchaud a ainsi soumis trois copies d'élèves passant l'épreuve de sciences économiques et sociales à la correction d'une trentaine de professeurs. Il existait, pour chaque dissertation, des variations très fortes d'un correcteur à l'autre pouvant aller jusqu'à onze points même si la variation est plus proche de deux ou trois points en moyenne.

Enfin, les correcteurs ne sont pas «constants» dans leur pratique de notation. Ils peuvent noter très sévèrement une copie, puis généreusement les deux autres ou inversement ! Les premières copies corrigées étant souvent les plus durement traitées… L'idéal pour arriver à une notation juste, c'est la double correction, inenvisagée par le ministère, car trop coûteuse. «La notation est pour une part un exercice subjectif, qui suppose un cadre minimum pour s'exercer de manière coordonnée. Il convient donc de ne pas la fragiliser en l'entourant d'un secret inutile», estime toutefois Jacques Legendre dans son rapport, pointant du doigt l'opacité des commissions.


Malgré un ton parfois un peu sensationnaliste, cet article me semble juste, voire en dessous de la vérité. Car il s'agit en même temps de valoriser les bons mais aussi de saquer vraiment les nuls, ce que recouvre la formule "utiliser toute l'échelle des notes", ( ce qui revient à écraser la courbe de Gauss de répartition des notes autour de la moyenne : moins la courbe est pointue au milieu, mieux c'est pour les inspecteurs et le ministère.)

Dans ces périodes d'examens nationaux, du moins au plus prestigieux d'entre eux, le pouvoir politique utilise une armée de profs mobilisés pour exclure une fraction des candidats, évidemment les plus pauvres culturellement et les plus inadaptés du niveau où on ne veut plus d'eux. En même temps, on leur demande de restreindre cette fraction, pour vider par le haut les lycées, ne pas faire d'investissement en locaux ni recruter de personnel, et acheter à bas prix la paix dans les classes en faisant comprendre aux élèves qu'ils passeront presque tous, quel que soit au final leur niveau ... Mais beaucoup se demandent également si la massification de l'échec vaut mieux, vu qu'elle touche de toutes façons massivement les enfants des couches pauvres ou en voie de le devenir ?

Presque toujours tout cela fait débat parmi les correcteurs, et des AG précèdent souvent les réunions officielles. Il y a beaucoup de discussions sur la "valorisation" des notes qu'on leur recommande plus ou moins amicalement, et ce qu'il faut en penser et comment il faut réagir, plus ou moins collectivement.
Protester, noter "sévèrement" par rapport aux consignes et donc chercher à faire redescendre le taux de réussite au bac, ou ne rien dire ni faire, ce qui revient à appliquer mollement les recommandations, à défaut d'abonder dans leur sens et de prévenir leur désir ?
En général, les discussions finissent en eau de boudin, et c'est le statu-quo "pour ne pas se laisser faire" qui l'emporte, ce qui ne veut rien dire bien sûr. Pourrait-il seulement en être autrement, empêtrés que sont les correcteurs dans les contradictions d'un système qui les dépasse ?
Et en plus, beaucoup de profs n'aiment pas qu'on leur rappelle qu'ils sont utilisés pour tout autre chose que ce qu'ils ont décidé d'être et de faire alors ... :nono2:
C'est un peu comme si on disait à un type qui croirait fabriquer des remèdes qu'il était en train de concocter des poisons. :secret:
Wapi
 
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Message par Crockette » 17 Juin 2011, 10:37

bien sûr qu'il faudrait une double correction avec une moyenne des deux...


mais comme l'utilité du redoublement, l'Etat fait ses petits calculs... ;) financiers.
Crockette
 

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